Le présent article se propose d’étudier un groupe professionnel : les laboureurs tuiliers et un lieu de production la ferme tuilerie des Châtelets. Les laboureurs tuiliers nous permettent de présenter un exemple de pluriactivité. Sont-ils plutôt laboureurs ou tuiliers ? La fabrication des tuiles était une activité saisonnière, était-elle un complément ou l’activité principale ? La réponse varie probablement selon les  cas voire les périodes. Les sources disponibles nous offrent plusieurs champs d’étude, nous nous intéresserons aux laboureurs tuiliers bretoncellois au sein de leur famille, dans leur cadre de vie domestique. Nous nous pencherons aussi sur leurs activités professionnelles tant agricoles qu’artisanales. Mais, préalablement, nous présenterons la ferme tuilerie des Châtelets, lieu de production tant agricole qu’artisanale, lieu de vie et d’exercice professionnel de plusieurs familles de laboureurs puis de laboureurs tuiliers bretoncellois. Enfin, précisons que nos propos concerneront aussi à l’occasion Vaupillon et Saint-Victor-de-Buthon, afin de  compléter nos données, d’effectuer des comparaisons mais aussi parce que la vie des laboureurs tuiliers bretoncellois étudiée n’a pas été circonscrite aux limites de cette paroisse. [1]

Les sources.

Le corpus principal de nos sources est d’origine notariale : inventaires après décès, procès verbal de visite, baux et actes de vente. Plusieurs se sont avérés particulièrement utiles, il s’agit de l’inventaire après décès de Marie Angoullevant[2], morte aux Châtelets en 1792, épouse de Denis Mercier, laboureur tuilier. Ce document sera mis en perspective avec  des scellés apposés lors du décès de Enselme Feron à Vaupillon en 1731, ceux concernant Germain  Heurtault, ancien laboureur tuilier bretoncellois des Châtelets et toujours laboureur tuilier lors de son décès à Vaupillon en 1781. L’inventaire après décès de Hubert Feron, laboureur tuilier datant de 1789 outre qu’il fournit des éléments de comparaison, nous a été très utile pour sa liste de créanciers. Le procès verbal de la visite de la ferme tuilerie, suite à un changement de fermier en 1776, permet de décrire les lieux. Les données issues de nos dépouillements des registres paroissiaux  de Bretoncelles complétées d’indications glanées auprès de généalogistes[3] sur le site de Geneanet[4] nous a permis de retracer le cadre familial de plusieurs laboureurs tuiliers bretoncellois et des environs. D’autres sources ont été mises à contribution, elles seront évoquées au fur et à mesure. Enfin, il existe peut-être d’autres documents disponibles que seul un dépouillement exhaustif de l’ensemble du notariat de La Loupe permettrait de découvrir, celui est en cours mais loin d’être achevé.

 La ferme métairie tuilerie des Châtelets et ses occupants connus.

La ferme métairie tuilerie des Châtelets dans son appellation complète du bail de 1776 était située ou plutôt est située car contrairement à la tuilerie, l’exploitation agricole existe toujours à l’est du bourg de Bretoncelles, à 7 kilomètres de celui-ci, en limite des communes de Vaupillon et Saint-Victor-de-Buthon. La toponymie garde toujours la mémoire de la tuilerie par l’intermédiaire d’un chemin dénommé « Tuilerie des Châtelets », le nom des Châtelets est associé à un hameau et à des bois. Si la tuilerie a disparu depuis longtemps, l’exploitation agricole fonctionnait encore il y a quelques années. A l’origine, il semble bien qu’il eut deux entités distinctes, la ferme métairie et une tuilerie avant que les deux ne soient réunies.

La ferme métairie des Châtelets a une existence ancienne, la première mention que nous avons repérée date de 1681, mais une existence plus ancienne est fort probable. En 1681, le registre des tailles [5] de Bretoncelles nous indique la présence d’un laboureur Jean Dhuit, fermier ayant « un harnois à toute moitié  à madame d’Arcis ? » en toute logique la propriétaire. Il s’acquitte de 61 livres d’imposition [6]ce qui le place en troisième position des plus importants contribuables bretoncellois. [7]  De son mariage avec Marie d’Aubert en  1667 [8], naît Gabriel en 1669 [9]  qui figure à son tour sur le rôle des tailles de 1707 comme laboureur aux Châtelets. Il règle 300 livres de fermage à un dénommé Durand, propriétaire du lieu. Son imposition est 55 livres.[10] Gabriel Dhuit quitte à une date inconnue les Châtelets. Nous savons qu’il est laboureur aux Orieux à Saint-Victor-de-Buthon [11] en 1732 lors du décès de son épouse Louise Cottard [12] , c’est là qu’il décède en 1738, âgé de 70 ans, il est inhumé en l’église de Saint-Victor-de-Buthon, en présence de ses trois fils François, Etienne et Jacques. [13]

En 1729 nous savons qu’ André Beasle,  laboureur occupe la ferme métairie, il possède un harnois de 6 bêtes et  nourri 4 vaches, cultivant 8 arpents de blé par saison soit peut être 24 arpents en tout, dans  l’optique d’un assolement triennal. Il paye au propriétaire M. de Pizieux, 150 livres de fermage et s’acquitte 53 livres 10 sols de taille, le plaçant en dixième position des plus gros contribuables.[14] Entre 1737 et 1743 au moins, c’est la veuve de Pierre Buslon qui est notée comme réglant les impositions de la ferme, 41 l 10 sols en 1737 et 46 en 1743.[15] Le rôle de cette dernière année nous informe que le propriétaire  est le sieur Vivant. Le registre de 1749 ne fournit pas le nom du fermier mais uniquement le montant de son imposition 41 livres. En 1753, le fermier est Denis Heurtault, il figure dans la liste des nouveaux contribuables « faisant valoir une portion du lieu du chastelet pour un montant de 30 livres », son fils, Gilles est imposé pour 10 sols comme journalier aux Châtelets. [16]

 Première mention d’une tuilerie aux Châtelets.

La première mention d’une tuilerie aux Châtelets nous est connue par son tuilier Estienne Glon ou Guelon  présent en 1743, il s’acquitte d’une contribution de 15 livres.[17] Le site de production est-il plus ancien ? Nous n’en avons pas trace dans le rôle des tailles de 1737.[18]  En 1753, ce dernier complète son activité avec l’exploitation de quelques terres à proximité. Il s’acquitte alors d’une imposition de 17 livres pour la tuilerie et de 14 livres pour une partie des terres du « Chastelet ». [19] Comme nous le verrons plus loin, on peut envisager qu’après le décès d’Estienne Glon en 1763, la tuilerie fut incorporée à la ferme métairie des Châtelets pour former un ensemble de production mixte avec  Germain Heurtault, fils de Denis comme fermier. En 1777, elle est baillée à Denis Naveau, puis suite à son décès en 1785  à Denis Mercier,  [20] présent au moins jusqu’en 1793.[21]

Tuiliers et laboureurs tuiliers des Châtelets et leur famille.

L’activité tuilière au même titre que la production agricole est une affaire familiale, La transmission des savoir-faire de père à fils, le possible emploi d’un frère ou d’un gendre, le rôle invisible des épouses justifient  de présenter les laboureurs tuiliers au sein de leur famille.

Estienne Glon ou Guelon premier tuiler connu des Châtelets.

Estienne Glon ou Guelon est, comme nous l’avons signalé, le premier tuilier que nous avons repéré, il est originaire des environs de Nogent-le-Rotrou.[22] Si l’on se base sur son âge au décès, il serait né aux environs de 1708, probablement à Saint-Jean-Pierre-Fixte. En 1722, il épouse à Nogent-le-Rotrou, paroisse Notre Dame, Marguerite Brette.[23] Les premières années de la vie du couple se déroulent probablement à Saint-Jean-Pierre-Fixte. C’est, semble-t-il, dans cette paroisse que meurt son épouse en 1736.[24] Un fait est établi, Etienne Glon est bien présent aux Châtelets en 1738. [25] L’acte de décès de sa fille en atteste de même que son état de veuf. Malheureusement, sa profession n’est pas indiquée sur l’acte. Comme nous l’avons signalé, la première mention d’une activité de tuilier date de 1749, Etienne Glon est noté dans le registre de taille de Bretoncelles comme faisant valoir la tuilerie des Châtelets. Il s’acquitte d’une imposition de 16 livres. Nous possédons un des baux concernant la tuilerie. Il est daté de 1757, le bailleur est Julien Cene ? marchand, maître de la poste aux chevaux de Nogent-le-Rotrou, agissant en tant que tuteur du propriétaire Jean Simon Vivant fils de Alexandre Vivant et Marie Jeanne Goudet. Le preneur est Etienne Glon l’aîné, tuilier aux Châtelets, le bail  porte sur une maison manable, étable, halle, four et « autres bâtiments convenables pour la fabrication des tuiles ».  Il est noté qu’il connaît les lieux pour en avoir joui. Le contrat était établi pour 3 ou 6 ans moyennant 180 livres et quatre chapons par an, à partir du premier avril 1757. [26] En 1758, le rôle des tailles nous apprend qu’il complète son activité de tuilier en exploitant quelques terres. Sa contribution est 30,5 livres : 17 livres en faisant valoir la tuilerie et 7  livres pour une portion du lieu. [27] Il décède aux Châtelets, à 67 ans, le 2 mars 1763 quelques jours avant son fils Etienne Jean.[28]

Hormis Marie, sa fille décédée à 14 ans, Etienne Glon et Marie Brette ont eu au moins un deuxième enfant, il s’agit d’Etienne Jean Glon ou Jean Glon comme noté le plus souvent. Il serait  né en 1736, en se basant sur son âge au décès, probablement à Saint-Jean-Pierre-Fixte. Comme son père et avec lui, il exerce la profession de tuilier.

Les transactions immobilières d’Etienne Glon et son fils.

Nous possédons plusieurs actes notariés nous éclairant sur leurs transactions immobilières. En 1737, le père donne à bail à Jean Baudet, le bordage du Petit Chatillon, situé à Saint-Jean-Pierre-Fixte pour neuf ans et 36 livres de fermage.[29] Quelques mois  plus tard, il opte pour la vente de ce bien qu’il tient par héritage de sa mère. Ce bordage composé d’une maison manable, avec four et cheminée, « lettrie », grenier dessus, il comportait aussi une petite écurie couverte de paille attenante à la maison, un droit sur la cour et la mare commune. Quatre arpents en quatre pièces complétaient l’exploitation. L’acquéreur  le sieur Louis Lemarie, bourgeois de Nogent-le-Rotrou régla la somme de 1 248 livres.[30] Il était stipulé que le preneur, Jean Baudet restait en place. En 1758, les Glon père et fils firent l’acquisition du bordage du Bois Gas à Saint-Victor-de-Buthon se composant d’une maison manable à cheminée, four ouvrant dans la dite cheminée, d’une chambre froide à côté de deux corps de logis  l’un servant d’écurie et de vacherie, l’autre de grange, d’un jardin, d’un clos à chanvre, d’une petite noue, de terres labourables et non, prés, « brierre » et  « breaudage » dont nous ignorons la superficie. Cet achat, réalisé auprès de Charles Lormeau, procureur à Vaupillon s’élevait à 2 250 livres, 120 livres de pot de vin, 2 000 pavés et 1 000 tuiles.[31] Il était prévu que les fermiers Catherine Pasquier, veuve Garnier et son fils Pierre restent en place. Cependant,  ces derniers s’étant endettés auprès d’Etienne Jean Glon, une transaction à l’amiable fut trouvée pour éviter des frais de justice trop importants. [32]L’ensemble des biens se trouvant dans le bordage fut cédé au nouveau propriétaire. Si les biens mobiliers n’étaient pas très importants, le cheptel composé de deux bœufs, quatre mères vaches, de trois broutiers auxquels s’ajoutait un cheval devinrent propriété des Glon.[33] Une vingtaine de jours plus tard, le père et le fils prirent à bail pour 12 livres et un pain de sucre de 4 livres pesant,  un arpent de pré proche du moulin de Courvoisier à Bretoncelles appartenant au même Lormeau. Puis en 1759, Etienne Glon père fit l’acquisition un demi arpent de terre situé à Saint-Victor-de-Buthon auprès d’Etienne Garnier, journalier et son épouse Jean Pantonnier pour 270 livres et 30 livres d’épingles.[34] En 1762, il céda à Philippe Louis Thibault Senneterre, marquis de la Ferté et de la Carte, seigneur de La Loupe, Vaupillon, Saint-Eliph, Saint-Victor-de-Buthon et autres lieux 1,22 arpent en échange 1,19  arpent de terres labourables, les lots étant estimés à 48 livres.[35] Entre temps, le fermier du bordage du Bois Gas ayant quitté les lieux, Etienne Glon fils s’installa dans le bordage avec Marie Sagot épousée le 15 février 1759[36],  fille de Claude Sagot aîné, laboureur à cette époque[37] et de Marie Dutartre. Notons que Germain Heurtault, premier laboureur tuilier connu des Châtelets était présent comme ami au mariage. Etienne Jean Glon tout en exploitant le bordage continua à travailler comme tuilier avec son père aux Châtelets, les deux lieux étant distants de trois kilomètres. Il décèda aux Châtelets, le 14 mars 1763,[38] à 27 ans quelques jours après son père.  Son inventaire après décès, sur lequel nous reviendrons, réalisé au Bois Gas à Saint-Victor-de-Buthon le qualifie de « vivant  thuilier et laboureur ».[39]

Germain Heurtault, premier laboureur tuilier des Châtelets.

La première mention de cette famille concerne le père Denis Heurtault, laboureur aux Châtelets décédé en 1755 à 60 ans.[40] Nous ignorons depuis quand il tenait le bail de la ferme métairie. Ses trois fils Denis, Gilles et Germain étaient présents à son inhumation de même que son gendre, ce qui laisse entendre qu’il eut aussi une fille avec son épouse Louise Gilot. Huit jours après cet enterrement, son fils Germain épousait à Belhomert Jeanne Bellois, fille d’un scieur de long. [41]C’est ce couple que nous allons suivre. En 1756, à la naissance de leur  fille Jeanne, il est laboureur aux Châtelets.[42] Comme nous l’avons déjà évoqué, il est envisageable que la tuilerie fut incorporée à la ferme métairie  quelques temps après le décès d’Etienne Jean Glon. L’enchaînement des faits, sous toute réserve, fut peut-être le suivant. Tout d’abord, Germain Heurtault prit la suite de son père à la ferme des Châtelets avant de rependre le bail d’Etienne Jean Glon à la tuilerie. La reconduction tacite du bail en 1763[43] par les propriétaires entérinant le regroupement. En absence de documents, cela reste une hypothèse. Germain Heurtault et son épouse Jeanne Bellois vont exploiter la ferme métairie des Châtelets jusqu’au premier mars 1777. A cette date, le bail fut repris par Denis Naveau et son épouse Marie Marette. Néanmoins, les Heurtault ne quittèrent pas tout de suite les Châtelets, le bail prévoyait que le nouveau fermier devait leur laisser la jouissance pendant un an gratuitement les bâtiments d’en bas, d’un jardin et d’un clos à chanvre comme cela était spécifié dans un acte notarié du 26 novembre 1776 organisant la sortie des Heurtault.[44] C’est d’ailleurs aux Châtelets que vit le jour le douzième enfant du couple le 23 mars 1777.[45] Le couple eut le malheur de voir mourir jeunes trois garçons [46] et trois filles[47] tous  décédèrent aux Châtelets. Concernant les cinq autres filles, leur vie se poursuivit probablement à Vaupillon comme nous allons le voir.  Nous savons que Geneviève  épousa Jean Goutte un cultivateur de Bretoncelles et qu’elle mourut à Vaupillon en 1816. [48]Quatre d’entre-elles nous échappent : Marie Françoise, Marie Germaine, Louise et Andrée Germaine. Reste le cas de Jeanne, l’aînée, en 1774, elle épousa Louis Richardeau, fils de Michel, laboureur  et Louise d’Avignon.[49] Nous reviendrons sur ce couple et plus particulièrement sur Louis Richardeau qui fut un moment donné qualifié de tuilier ou de laboureur tuilier. La carrière de Germain Heurtault va se poursuivre comme tuilier aux Alleux à Vaupillon, dans une autre tuilerie. En effet, c’est là que veuf de Jeanne Bellois,[50] il décède le 19 mai 1781 ainsi que nous l’apprend le procès verbal des scellés apposés chez lui en présence d’ailleurs de Louis Richardeau son gendre.  [51] Nous reviendrons plus loin sur ce que nous apprennent ces scellés sur le cadre de vie et l’activité de Germain Heurtault.

 Denis Naveau et Marie Françoise Marette. [52]

Le successeur de Germain Heurtault à la tête de la ferme métairie des Châtelets fut donc Denis Philippe Naveau, fils de Denis, laboureur et de Jeanne Lesueur. Il vit le jour à Coulonges-les-Sablons en 1748.[53] En 1774,[54] il épouse Marie Françoise Marette née en 1754[55] fille d’Innocent, laboureur à La Fosse à Bretoncelles et de Magdeleine Darreau.  Le couple eut 9 enfants, 5 filles et 4 garçons. Sept d’entre eux virent le jour aux Châtelets. Trois des enfants moururent peu après leur naissance.[56] En 1785, Denis Naveau meurt, sa veuve quitte la ferme métairie tuilerie des Châtelets qui est reprise par Denis Mercier

Denis Mercier  et sa famille

Denis Mercier est le laboureur tuilier sur lequel nous sommes le mieux documenté grâce en particulier à l’inventaire après décès de son épouse Marie Angoullevant. Nous pouvons ainsi appréhender le cadre de vie de sa famille et des éléments de son activité professionnelle tant comme laboureur que tuilier.

La famille de Denis Mercier est originaire des environs de Meaucé.[57] Son grand père paternel Louis, manœuvre, épouse en 1691[58] Françoise Geslon du Pas-Saint-l’Homer, [59]  de cette union naîtra Denis Mercier, premier du nom, laboureur de son état. Ce dernier se marie en 1728[60] à Saint-Jean-des-Murgers [61] avec Anne Magdeleine. Denis Mercier deuxième du nom, naît en 1734 [62] au Pas-Saint-l’Homer, il convole en 1757 avec Marie Angoullevant, née vers 1737  en se basant sur son âge au décès, fille de René, laboureur et Françoise Joly. Le couple aura au moins sept enfants encore vivants au décès de Marie Angoullevant le 3 octobre 1790 à Vaupillon au Chêne Lizé à 53 ans.[63] En 1778, Denis Mercier se porte acquéreur de la ferme métairie du Chêne Lizé à Vaupillon pour la somme de 5 300 livres dont il reste en 1792, redevable de 2 000 livres auprès de l’ancien propriétaire le sieur Bailleau, curé de  Beaudreville. [64] En 1785 comme nous l’avons déjà évoqué, il prend à bail la ferme métairie tuilerie des Châtelets.[65]

Denis Mercier et Marie Angoullevant eurent au moins sept enfants. L’inventaire après décès de leur mère en 1792 et un acte notarié de 1793 [66] permet de connaître leur situation à ce moment.  Les deux plus jeunes enfants ont été émancipés, il s’agit de Pierre Jacques Robert[67] et de Françoise. En 1792, ils sont domiciliés aux Châtelets au même titre que Denise. En 1793, si le garçon travaille toujours avec son père, Françoise est décédée  et Denise est mariée avec Jacques Grassin, marchand coquetier, le couple est établie à La Grande Forêt. Marie, au moment de l’inventaire, est veuve de Jean Prieur, tuilier de son vivant.[68] Elle habite aux Yvorins, paroisse de Saint-Victor-de-Buthon. En 1793, elle est remariée avec François Guerrier, bordager, ils vivent toujours au même endroit. Mercier Denis fils est laboureur à la Régeolière à Bretoncelles[69] tandis qu’Anne est mariée à Michel Briant,[70] journalier à Saint-Victor-de-Buthon. Enfin Marie Anne [71] née aux Murgers vers 1759, [72] a d’abord vécu au Chêne Lizé, propriété de son  père avec son mari Louis Courbe contre un loyer de 60 livres. En 1793, le couple est à la Régeolière.  Trois des enfants mariés reçurent une dot de 300 livres, la quatrième Anne de 180 livres probablement parce la dot était versée en deux fois.[73] Nous ignorons à quelle date Denis Mercier quitta la ferme tuilerie des Châtelets. En 1815, il décède à 82 ans « accidentellement à un kilomètre de son domicile dans le bois de la bruyère du petit moulin» [74]On apprend qu’il est cultivateur propriétaire à Vaupillon, marié à Marie Verdier.

Comme on peut le voir, une grande partie de la famille était investie dans un ensemble productif  centrée sur la ferme métairie tuilerie des Châtelets Au décès de Marie Angoullevant, trois enfants vivent et travaillent à la ferme tuilerie. Le bordage du Chêne Lizé, propriété de Denis Mercier, distant des Châtelets de 6,5 kilomètres, est occupé par Marie Anne et son mari. Marie Mercier et Jean Claude Prieur lui-même tuilier vivent dans le bordage des Yvorins à un kilomètre de là et exploite depuis 1789 la tuilerie du Bignon à Montireau.[75] En 1793, si  Denise une fois mariée, a quitté les Châtelets, elle  habite à la Grande Forêt à moins de deux kilomètres de l’exploitation paternelle. Marie Anne et son mari ont quitté le Chêne Lizé et sont installées dans le hameau de La Régeolière à huit kilomètres de distance où vit son frère Denis.

La ferme tuilerie des Châtelets : description des lieux.

Nous allons maintenant procéder à la  description de la ferme tuilerie telle qu’elle nous apparaît dans les années 1785-1793. Il s’agit de son aspect à un moment donné, en effet, il y a tout lieu de penser que depuis 1681, année de sa première apparition dans notre documentation, des transformations et des ajouts ont probablement modifié l’exploitation. Pour réaliser cette description, nous disposons d’un procès verbal de visite rédigé le 25 octobre 1785 suite au départ de Marie Marette veuve de Denis Naveau, fermière sortante et l’entrée de Denis Mercier, nouveau preneur du bail.[76] L’objet de cette visite menée par les propriétaires et la veuve Naveau en présence de ces derniers et de Denis Mercier a pour objet de pointer l’état des bâtiments, portes, fenêtres, pavages, toitures ainsi que l’état des champs en particulier au niveau des haies. On peut l’apparenter à nos états de lieux suite à l’entrée ou la sortie d’une location.

Les propriétaires de la tuilerie dans les années 1776 -1785.

Nous avons évoqué plus avant le nom de quelques propriétaires relevés dans les rôles de taille. En 1776, lors de la signature du bail d’entrée de Denis Naveau et son épouse, la ferme tuilerie appartient pour un tiers à Marie Jeanne Charlotte Vivant veuve de Maturin Aubin, maîtresse de la poste aux chevaux de la Loupe.[77] Un autre tiers revient à Jullien Proust, négociant de Nogent-le-Rotrou et son épouse. Le dernier tiers étant l’héritage des enfants du sieur Petit, marchand à Chartres de son vivant. En 1785, les propriétaires sont les suivants : on retrouve à Marie Jeanne Charlotte Vivant et les cinq héritiers Petit.  A savoir  Victoire Charlotte épouse de Claude François Dabit de Grand Maison, négociant à Chartres, Louise Françoise femme de François Halle, notaire royal de la ville et baillaige de Chartres y demeurant, Marguerite Madeleine Adélaïde mariée à Louis Jacques Delahorde, négociant à Châteauneuf-en-Thymerais, Jeanne Marie  Anne Suzanne et Marie Madeleine Julie, toutes deux filles majeures demeurant à Chartres.

La maison manable.

La visite commence par la maison et sa pièce principale dont le pavé est jugé en bon état hormis devant la porte donnant sur la cour, il en est de même  pour la cheminée contrairement au four qui lui est à refaire et la dalle en partie dépavée. Deux croisées munies de contrevent donnaient l ‘une sur la cour, l’autre derrière, de même que la deuxième porte. Une autre pièce à feu chauffée par un fourneau en briques, nommée chambre des maîtres ou encore chambre bourgeoise dans l’inventaire après décès, se trouvait dans le prolongement de la pièce principale. Elle possédait une porte ouvrant devant, c’est à dire sur la cour. Deux croisées ouvraient sur la cour et derrière. Cette pièce ne nécessitait pas de réparations.

Les bâtiments dédiés à l’exploitation  agricole.

Les espaces réservés aux animaux.

 Dans le prolongement de la maison se trouvait l’écurie aux vaches avec une porte donnant logiquement sur la cour et une petite fenêtre ouvrant sur le derrière munie d’un contrevent. Deux crèches[78] permettaient de nourrir le bétail, celle de gauche en rentrant était à refaire, celle de droite à réparer. Venait ensuite une écurie pour les chevaux comportant auge et râtelier munie d’une petite fenêtre ouvrant sur le derrière. Une seconde écurie pour les bovins était située dans le bas de la cour, elle possédait une crèche pavée, à côté se trouvait la bergerie. Une dernière écurie munie d’auge et de râtelier se trouvait près du fournil. Enfin, un toit à porc munis de deux portes complétait l’ensemble dédié aux animaux.

Les espaces de stockage des récoltes.

De nombreux greniers  permettaient de stocker les récoltes. Un grenier recouvrant la maison manable et l’écurie à vaches, la partie se trouvant au-dessus de la maison était pavée, l’autre en terre. Une porte, en bon état,  séparait les deux espaces. Quatre autres se situaient l’un au dessus du toit à porc, un sur l’écurie aux chevaux, un troisième sur la tasserie et un quatrième sur une autre écurie. Venait ensuite une petite grange pour les mars ou grange à avoine dans l’inventaire après décès, elle était munie de deux portes donnant l’une sur la cour, l’autre coupée sur le derrière. L’aire à battre était à refaire. L’autre grange dite à bled comportait deux aires dont l’une était à refaire, deux portes coupées et une fenêtre munie de volets. Enfin, une tasserie[79] dont l’aire était pavée, complétait les espaces de stockage.

Les espaces de transformation.

La ferme possédait aussi un pressoir garni de tous ses ustensiles mais en mauvais état et d’un cellier qualifié en 1793 d’ancien cidrier. Figurait aussi une laitrie dont le sol était pavé et à côté un fournil, possédant une cheminée avec sa crémaillère et un four nécessitant quelques réparations. Ce dernier était muni de deux portes donnant sur la cour et le jardin.

 La tuilerie

 Elle se composait tout d’abord du fourneau dont l’extérieur nécessitait des réparations pour un montant de 27 livres comprenant trois cents briques, la chaux et la main d’œuvre. Les experts ne purent examiner l’intérieur de celui-ci car il était plein de tuiles. La halle attenante était en bon état quant à la grande halle, le plancher devait être rechargé pour un montant de 4 livres.

Le procès verbal de visite manque de précision en ce qui concerne la localisation des différents espaces les uns par rapport aux autres. Si l’on se réfère au plan cadastral de 1826[80] on peut observer un premier corps de bâtiment le long du chemin de la tuilerie des Châtelets dont on peut penser qu’il correspond à la maison manable et l’écurie  se trouvant dans le prolongement, un petite excroissance figure peut-être le toit à porc. A droite, en regardant vers la cour, légèrement en oblique deux corps de bâtiment ferment cette dernière. En retour, nous avons un bâtiment, peut-être une écurie et la bergerie dont on nous dit quelles étaient en bas de la cour. A gauche de la maison, un bâtiment pourrait être le fournil et la laitrie. Enfin, un bâtiment un peu excentré, au delà de la cour, pourrait correspondre à la tuilerie. Toutes ces hypothèses devant être prises avec prudence.

Les espaces cultivés.

Trois jardins se trouvaient à proximité des bâtiments de la ferme : un derrière la chambre, un autre derrière le fournil, le troisième avec un  clos à filasse était délimité par un champ, un chemin et les granges. Les champs dépendant de la ferme se trouvaient sur le territoire de Bretoncelles mais aussi de Saint Victor–de-Buthon comme les deux clos à chanvre. La plupart des parcelles étaient closes totalement ou en partie par des haies et plantées d’arbres comme peut le voir dans la description du clos Soret « comptant trois douzaines de jeunes arbres tant vifs que morts, les haies alentours telle que telle âgées de trois ans » [81]

Le procès verbal de visite ne donne malheureusement pas les superficies des parcelles. Nous reviendrons sur ce sujet plus loin.

 Le bail de la ferme métairie tuilerie des Châtelets.

En conclusion, à cette partie concernant la ferme métairie tuilerie des Châtelets, nous allons évoquer les conditions du fermage. Nous ne possédons, en l’état actuel de notre documentation qu’un seul bail, déjà plusieurs fois évoqués, passé entre les propriétaires et Denis Naveau et son épouse Marie Marette habitant à cette époque la Fosse à Bretoncelles. [82]  Le montant du fermage pour 9 années  était de 600 livres plus 2 chapons et 12 poulets bons et gras par an. Son montant ne changea pas lorsque Denis Mercier prit la suite. A titre de comparaison, il était  de 400 livres pour la ferme tuilerie des Alleux de Vaupillon passé en 1770. [83]  De nombreuses obligations bornaient les droits du fermier, nous laisserons de côté celles concernant l’exploitation agricole sommes toutes très classiques pour nous intéresser  à celles plus spécifiques concernant la tuilerie. Le fermier devait fournir « gratuitement et sans payement ni indemnités toutes les tuiles, briques et enfetiaux  necessaire pour repiquer les couvertures des batiments » et « pour couvrir la halle que la dame bailleresse[84] pourra si bon lui semble faire construire à ladite thuilerie. » [85] Le fermier se devait aussi d’entretenir « les pilliers arches et bancs du fourneau. » et « de tirer la nécessaire pour la fabrication de thuiles dans les endroits ordinaires sans pouvoir causer aucun dommage a qui que ce soit tant par le tirage que par le charroi des dittes terres. »[86] La bailleresse se réservait : l’usage  d’une petite chambre « etant en haut de la cour de la dite ferme », le droit de faire ses cidres au pressoir gratuitement et le bois, sous différentes formes, dépendant de la ferme.

Au cours de la visite effectuée pour la sortie de Marie Marette veuve Naveau, un certain nombre de réparations relevant de la responsabilité de la fermière furent pointées. 21 livres et 3 sols pour les bâtiments et 31 livres pour la tuilerie. Il était aussi réclamé au titre du respect des clauses du bail 54 livres pour la couverture des bâtiments nécessitant en autre 4 000 tuiles. Les obligations concernant le marnage[87] et la plantation d’arbres fruitiers[88] n’ayant pas étaient entièrement respectées, il en coûta pour la première 200 livres et 48 pour la seconde. De fait, c’est une somme de 354 livres 3 sols qui était réclamée à la veuve de Denis Naveau.

Les laboureurs tuiliers : le cadre de vie

Après nous être penché sur les différents occupants de la ferme tuilerie des Châtelets et sur l’exploitation en elle-même, nous allons nous intéresser au cadre de vie matériel des ces familles. Deux documents datant sensiblement de la même époque, nous le permettent. C’est l’inventaire après décès, déjà évoqué, de Marie Angoullevant (1792) épouse de Denis Mercier, bretoncellois oblige, qui nous servira de base. Celui d’Hubert Feron, (1789) laboureur tuilier des Alleux à Vaupillon à 5 kilomètres des Châtelets nous fournira des éléments de comparaison et des compléments.

Les Feron de Vaupillon, une famille de tuiliers.

Mais avant cela, nous allons quelque peu remonter le temps, nous sommes en 1731, le 22 mai, Marie Brette épouse d’Anselme ou Enselme Feron, laboureur tuiler aux Alleux, à Vaupillon vient de décéder. Les autorités, à la demande de son mari, viennent constater les faits[89] et apposer les scellés d’usage pour préserver les intérêts des héritiers. Deux raisons nous poussent à évoquer ce document. D’une part, il nous permet de voir comment vivait cette famille. D’autre part, sans trop entrer dans les détails généalogiques,[90] la famille Feron offre un bon exemple d’endogamie professionnelle. De plus, comme Hubert Feron l’un des fils d’Anselme va  accompagner Denis Mercier  tout au long de notre propos, il nous paraît judicieux de dire quelques mots sur cette famille. Anselme Feron, né en 1693 eut trois enfants avec Marie Brette, tous décédés en bas âge avant leur mère. En 1731,[91] il se remarie à Nogent-le-Rotrou avec Louise Renée Poirier avec qui il aura six enfants  dont Enselme, compagnon tuilier dont nous reparlerons plus loin, Antoine aussi tuilier [92] et Hubert, laboureur tuilier aux Alleux, une de nos principales sources. Il décède à Nogent-le-Rotrou le 12 décembre 1748 à 65 ans.[93]  Hubert, son fils aura avec sa première épouse Michelle Richardeau sept enfants dont Sébastien, tuilier. Ce dernier est né le 12 avril 1768 à Vaupillon, il épouse le premier février 1790 Marie Louise Rousseau à Condé-sur-Huisne où le couple demeure. Il meurt le 29 ventôse an X (20/3/1802) à l’âge de 33 ans. [94] Son acte de décès porte la mention suivante : « trouvé mort au lieu du fourneau en cette commune »[95]En 1759, Hubert Feron  est noté dans un acte  vente tuilier et habite la paroisse Notre-Dame à Nogent-le-Rotrou.[96] Il prend le bail de la ferme tuilerie des Alleux à Vaupillon en 1771 pour 9 ans.[97]

Cadre de vie d’une famille de laboureur tuilier en 1731.[98]

 La maison d’Enselme Feron premier du nom était munie d’une cheminée avec ses chenets, sa paire de pincettes et une pelle à feu. Le mobilier se composait de deux coffres de bois de chêne, d’une huche de même bois contenant du pain et une nappe en grosse toile, une petite armoire  et une table ovale en chêne avec un tiroir complétaient le mobilier. Le document ne fait pas mention de siège ni d’ailleurs d’éléments d’éclairage comme des chandeliers ou des lanternes. La cuisine se faisait avec trois marmites, deux  chaudrons dont un grand et un petit, d’une poêle, de deux  poêlons et un mortier de fonte, on note aussi la présence de gaufriers de fer. Plusieurs pièces de poterie se trouvaient dans l’armoire, ainsi que deux plats, quatre assiettes, une écuelle et sept cuillères d’étain. Les denrées comestibles se trouvaient dans  un saloir avec un demi porc, dans un récipient fermant à clef qui contenait 3 à 4 livres de sel et du pain dans la huche. Dans cette pièce unique  figurait aussi  un bois de lit de chêne garni de rideaux de serge brune, d’une paillasse, d’un lit de plume d’oye, de deux draps de toile commune, d’une couverture blanche, d’un traversin et deux oreillers. Figurait aussi une couchette de bois de chêne possédant la même literie, à l’exception des rideaux, des oreillers et de la couverture.[99] Sept  draps de toile commune garnissaient l’armoire. L’inventaire des vêtements de la défunte laisse perplexe, les autorités relevant seulement un tablier d’étain, une devandière, quatre chemises de toile commune mais plus surprenant une paire de souliers, une de pantoufles de cuir. Il convient maintenant de franchir une soixantaine d’années pour voir comment vivaient Denis Mercier et ses collègues.

 Aspects de la vie quotidienne des familles Mercier et Feron, laboureurs-tuiliers à la fin des années 1780 [100]

Pour l ‘intérêt que présentent les inventaires après décès pour la connaissance de la vie quotidienne d’autrefois ainsi que pour les limites de ce type de sources nous renvoyons à notre article : Jacques Richard, cordonnier bretoncellois : cadre de vie et activité professionnelle sur ce blog. Nous avons évoqué l’espace à vivre de la famille Mercier, rappelons qu’elle était constituée d’une pièce principale et d’une chambre dite bourgeoise chauffée. La maison occupée par les Feron se composait d’une pièce principale, d’une chambre froide et d’un petit cabinet lui aussi non chauffé.

En règle générale, le notaire commençait son inventaire à la cheminée de la pièce principale,[101] on y retrouve l’équipement classique à savoir deux crapotins ou chenets, une pelle à feu, des pincettes, un trépied, un porte-poêle et la rôtissoire à pain. Il en est de même chez Hubert Feron aux Alleux qui possédait en plus un  réchaud et un garde cendre. Vienait ensuite l’éclairage assuré par  les chandeliers, un aux Châtelets, deux aux Alleux. Tous deux possédaient une lanterne pour vaquer à l’extérieur la nuit. La cuisson des aliments se faisait grâce à un grill, trois chaudrons, une marmite, une poêle chez Denis Mercier. L’épouse d’Hubert Feron était mieux équipée, disposant de sept chaudrons dont quatre petits, de quatre marmites, de deux poêles et trois broches. Il nous semblait utile de confronter cet équipement avec celui d’un panel de 55 inventaires après décès de laboureurs que nous avons déjà étudié.[102] Le trépied est présent dans 47 % des cas, le gril et la rôtissoire à pain dans 43 %. On trouve en moyenne  2,6 chaudrons et 2,2 marmites. La vaisselle se composait de 25 cuillères en étain, dix fourchettes de fer et de dix assiettes aussi en étain[103] plus probablement un certain nombre dans le lot de poterie non détaillé et estimé en bloc. A cela s’ajoutaient une dizaine de plats, des pots, des écuelles, un broc, une écumoire, une jatte à porc mais pas de verre contrairement à  chez Hubert Feron où il y avait 5 gobelets de cette matière. La vaisselle en étain était estimée à 16 livres pesantes aux Châtelets contre 23 aux Alleux.

Le mobilier.

Aux Châtelets, il était constitué d’une huche, de deux coffres, d’une table et de cinq chaises empaillées, de deux bancelles, [104] d’une armoire et d’un autre meuble qualifié  de petite armoire ou bahut, le tout en chêne. Chez les Feron, on retrouvait la huche, un coffre, deux tables dont une  munie de deux tiroirs, deux armoires dont une avec deux battants et deux tiroirs et d’une vieille commode avec cinq tiroirs principalement en chêne. Notre panel nous indique qu’il avait en moyenne 2,4 coffres par habitation et 5,6 chaises, l’armoire étant présente dans 38,1 % des inventaires et la commode dans 32,7 %. Le chêne représentant 66,6 % des essences lorsqu’elles étaient mentionnées. Dans les deux maisons, trônait une horloge, objet assez peu courant, signe d’une évolution dans la perception et la mesure du temps, nous n’en avons relevé que sept cas dans notre panel et uniquement à partir de 1783.[105]

 Le couchage.

Chez Denis Mercier, le notaire notait la présence de quatre lits dont deux à quenouilles, un bois de lit se trouvait dans la chambre dite bourgeoise et une couchette, probablement pour un domestique, se trouvait dans l’écurie aux chevaux. Aux Alleux, on dénombrait 6 couchages, deux lits à hauts piliers et une couchette à enfant  étaient dans la pièce principale, les trois autres couchettes étaient respectivement dans le cabinet froid, dans la chambre, elle aussi froide et dans l’écurie.

Notre panel portant sur le typologie de 205 lits figurant dans des intérieurs de laboureurs nous apprend que les châlits/couchettes représentaient 39,5 % des cas, venaient ensuite les lits à quenouilles 29,7, les bois de lit 9,3,  les lits à hauts piliers étant beaucoup moins fréquents avec 9,3 % des types recensés. Le lit principal, le plus cher chez le couple Mercier était à quenouilles, il se composait d’un lit et d’un traversin de plumes d’oie, ce garnissage étant présent dans 44 % des occurrences repérées, d’une courtepointe piquée, d’une paillasse, de deux draps de ménage, de trois pièces de serge bleue et d’un ciel en toile. Chez Hubert Feron, la base était la même mais on trouvait en plus deux couvertures l’une de laine, l’autre de  telon, toutes deux de couleur blanche et deux oreillers, carrés garnis de plume d’oie dans des taies en coutil. Ces derniers ne sont présents que dans 34,5 % des inventaires de notre panel.  La housse du lit, les rideaux, les bonnes grâces du lit et le dossier étaient en serge jaune, le ciel et le soubassement couvert de petite flanelle. Les couleurs bleue et jaune des rideaux sortent de l’ordinaire, le vert étant en général majoritaire, 58 % des teintes repérés. Les deux principaux lits chez Denis Mercier étaient évalués respectivement à 48 et 43 livres, chez Hubert Feron, les experts estimaient les trois lits à 60, 58 et 56 livres, la couchette d’enfant valant 15 livres. La valeur moyenne du lit principal chez les laboureurs de notre panel est de 59 livres. Signalons que dans l’inventaire après décès de Michelle Richardeau, la première épouse d’Hubert Feron, en 1780  figure un lit estimé à 125 livres dont nous n’avons pas trace 9 ans plus tard. [106]

Le linge de maison.

L’ouverture des armoires et des coffres par les estimateurs permet de connaître la quantité et la composition du linge de maison. Il s’agit tout d’abord des draps, en ajoutant ceux présents dans les lits, ils sont au nombre de 18 chez Denis Mercier et 38 chez Hubert Feron, les tailles, la qualité et la matière variant.[107] Aux Châtelets, on est dans la moyenne du panel des laboureurs (18,9 unités) alors que les Feron en possédent le double. Concernant toujours le couchage, notons aussi onze taies d’oreillers chez Feron, une chez Mercier. Viennent ensuite les nappes, elles sont présentes dans 76 % des inventaires des laboureurs avec une moyenne de 5,9 unités, la famille Mercier en a 6 dont une pour le pain béni contre 15 chez son collègue de Vaupillon. Françoise Waro-Desjardins dans  La vie quotidienne dans le Vexin au XVIIIè  siècle note que « l’apparition de taies d’oreillers, d’essuie-mains […] témoignent d’une propreté et d’un raffinement plus grand »[108]  Cela était particulièrement vrai aux Alleux : Madeleine Fettu, seconde épouse d’Hubert Feron disposait dans son armoire de 17 serviettes, 16 essuie-mains venant s’ajouter au 11 taies d’oreiller déjà citées.[109] Marie Angoullevant était très loin de ces quantités avec seulement 4 essuie-mains.  Dans le cas de la famille Feron, on peut considérer comme le note Françoise Waro-Desjardins « que les quantité de linge possédées […] montrent qu’il y a […] une véritable thésaurisation économique »[110] Le couple Feron possédait 93 pièces de linge pour une valeur de 132 livres  auxquelles on peut ajouter 59,5 aulnes de toiles de différentes types et sortes propres à faire du linge de main valant 67 livres 9 sols contre 28 pièces pour un montant de 78 livres chez Mercier. Le poids des trois grands postes des biens de la vie quotidienne dans le patrimoine mobilier de nos deux laboureurs-tuiliers n’est pas très important en face, nous le verrons du cheptel, des réserves contenues dans les greniers et bien sûr des stocks de tuiles, briques et pavés. Chez Denis Mercier, le linge concourt pour 1,7 % contre 5,8 chez Hubert Feron, les meubles 2% contre 2,5 et les lits 2 contre 6,1.

Les menus objets de la vie quotidienne.

Parmi eux remarquons la présence d’une saulnière à sel et d’une tinette en bois aux Alleux d’une salière en étain aux Châtelets. Plus rare est une cafetière en terre chez Hubert Feron, signe de la lente pénétration de ce breuvage à la campagne. Signalons aussi chez ce dernier la présence d’une rondelle de vin rouge, boisson guère usité dans les inventaires étudiés. Si la huche est présente dans les deux habitations, nous notons l’absence de grattoir à pâte et même de pelle à four, faut-il y voir l’absence de cuisson du pain à domicile ? Pour les Châtelets, le doute subsiste, la visite 1785 fait état d’un four dans la cheminée de la pièce principale et surtout d’un fournil, lui aussi équipé d’une cheminée avec four, mais étrangement, il n’est pas évoqué dans l’inventaire de 1792, doit-on en déduire que ce bâtiment a changé d’affectation ou a été détruit ? Aux Alleux, il est aussi fait mention d’un fournil qui semble plutôt être un espace de stockage. [111] Chez Hubert Feron, les estimateurs signalent la présence d’une jatte contenant vingt livres pesantes de porc salé et une potine en grés renfermant quinze livres de beurre salé.

Dans les deux maisons, on repére des fers à repasser, l’ensemble cuvier, tuyau à lessive, selle et charrier est présent aux Châtelets.[112] Les deux laboureurs-tuiliers possèdent un fusil, Hubert Feron en a même deux. En revanche, peu deux choses au niveau de l’hygiène plus personnelle, hormis un miroir encadré chez Hubert Feron, pas de plat à barbe, de rasoir, de bassin dont la présence est attestée dans d’autres inventaires. Notons cependant la présence d’une seringue en étain chez Feron.

Les vêtements.

Le vestiaire féminin des différentes épouses de nos deux laboureurs-tuiliers nous est inconnu pour les raisons suivantes, l’inventaire suite au décès de Michelle Richardeau, la première épouse d’Hubert Feron a lieu douze ans après sa mort, ses vêtements ont depuis longtemps étaient réutilisés, concernant  Madeleine Fettu, sa deuxième épouse, ils n’entrent pas, selon l’usage, dans la succession. Pour ce qui est de Marie Angoullevant, l’épouse de Denis Mercier, l’inventaire intervient 18 mois après son décès, ils ont très certainement été partagés entre ses filles. Pour ce qui est du vestiaire masculin, les vêtements de Denis Mercier lui sont propres donc hors succession, il nous reste donc ceux d’Hubert Feron  inventoriés à sa mort. Ce dernier possédait trois habits, quatre vestes, quatre gilets et sept culottes. Les matières, lorsqu’elles sont indiquées, sont l’étamine[113] 7 fois, le molton [114] 2 fois, et la panne[115]  pour les culottes 2 fois. A cela s’ajoutait un manteau de droguet, [116] une paire de guêtres et 13 chemises. Les couleurs hormis le blanc des gilets sont plutôt sombres à savoir gris, brun et bleu, le tout très classique. Il est dommage que nous n’ayons pas le vestiaire de Marie Angoullevant afin de voir si les nouvelles tendances : indienne, toile barrée bicolore, couleurs plus claires avaient séduites l’épouse de Denis Mercier comme Marie Anne Gardon l’épouse de Jacques Richard, le cordonnier bretoncellois étudié dans ce blog.[117]

L’ensemble des vêtements d’Hubert Feron était estimé à environ 88 livres soit 3,7 % de ses biens mobiliers. A titre de comparaison, le panel de 27 vestiaires de laboureurs  que nous avons pu constituer, nous donne une moyenne en valeur de 68 livres, à prendre avec précaution étant donné l’inflation des années 1790 pour un poids moyen de 1,4 % du patrimoine.

La ferme tuilerie : une unité de production mixte.

Il est nécessaire de présenter des laboureurs-tuiliers dans leur triple activités professionnelle : agricole, tuilière et commerciale. Elles sont complémentaires en particulier à travers  le calendrier de production mais aussi l’optimisation des moyens de production comme l’utilisation des animaux de trait et des bannaux pour la livraison des tuiles, des ressources naturelles à travers la récupération du bois des haies pour alimenter les fourneaux, et du personnel à demeure. Les compétences commerciales des laboureurs, d’ailleurs qualifiés dans certains cas de marchands-laboureurs, sont aussi mises en œuvre. 

La ferme tuilerie : une exploitation agricole. 

Dans un premier temps nous allons nous préoccuper de la dimension agricole des fermes-tuileries. Comme pour le cadre de vie, nous présenterons ensemble des deux exploitations des Châtelets à Bretoncelles et des Alleux à Vaupillon.

L’unité de production agricole s’organise autour de trois ensembles : les bâtiments dédiés, les moyens de production et les superficie cultivables.

Une description de la ferme tuilerie des Châtelets a déjà été faite grâce au procès verbal de 1785 [118] . Il convient pour se faire une idée complète de l’exploitation gérée par Denis Mercier d’inclure le bordage du Chêne Lizé qui lui appartient. En cela, nous suivons le notaire qui l’intègre à la succession. En 1793, les bâtiments agricoles du Châtelets se composaient d’une écurie, de deux étables, d’une bergerie, d’un toit à porc, d’une grange à blé, d’une à avoine et de plusieurs greniers sur différents bâtiments. A cela, s’ajoutent la laitrie, un pressoir, le cidrier de 1785 ayant été converti en espace de stockage. Au Chêne  Lizé, on trouvait une écurie, une vacherie et une bergerie. Comparativement, la partie agricole  utilisée par Hubert Feron aux Alleux était plus modeste avec une écurie, une grange, deux greniers, une laitrie, un pressoir, un cellier.[119] 

L’inventaire après décès de Marie Angoullevant.[120] nous apprend que Denis Mercier avait ensemencé 16 arpents de blé méteil et froment. Il n’est pas question des mars (orge, avoine…) plantés en mars comme leur nom l’indique, tout simplement parce l’inventaire a eu lieu le 14 mars et que les semailles ne sont pas encore faites. Si l’on se base dans l’hypothèse d’un assolement triennal avec trois soles (blé, mars et guérets)  d’égale superficie, ce qui est loin d’être toujours le cas, on arriverait  à 48 arpents de terres labourables soit 31 hectares chiffre à prendre avec précaution. Aux terres labourables, il faut ajouter « les près, noues, pastures, bruyères bréaudage » [121]  dont nous ignorons la superficie. D’après la visite de 1785, on avait 32 parcelles de différentes natures. Concernant les superficies cultivables du bordage du Chêne Lizé, nous pouvons utilisé l’adjudication des récoltes faite en 1793. Denis Mercier avait ensemencé huit arpents de blé, métiel et seigle sur la sole des gros grains et huit arpents en orge sur celle des mars, ce qui avec celle des guérets nous donnerait une superficie de 24 arpents pour le bordage. De fait, ce dernier exploiterait 72 arpents soit 43 hectares[122] dont les deux tiers (48 arpents) serait mis en culture tous les ans.  Hubert Feron, au moment de son décès, en mai 1789 avait ensemencé sur les terres dépendant de la ferme tuilerie des Alleux à Vaupillon, 3 arpents de blé et 3 arpents de mars[123] soit avec la sole de guérets 9 arpents soit 4,5 hectares. A cela, venaient s’ajouter les terres appartenant en propre à Hubert Feron et acquises par le couple à savoir trois arpents en blé répartis en cinq parcelles et deux arpents en vesce et orge. On peut estimer les surfaces cultivables par Hubert Feron dans le cadre d’un assolement triennal à 18 arpents soit 9 hectares. Rappelons que tant pour Denis Mercier que pour Hubert Feron, nous sommes dans des estimations, le principe d’égalité des surfaces entre les trois soles : gros grains (blé, métiel, seigle), mars (orge, avoine) et jachère est théorique.

L’exploitation de ces surfaces nécessitait des trains de cultures se composant d’animaux de trait et de matériel. Denis Mercier disposait de quatre charrues, d’une charrette, d’un charty et d’un banneau pour une valeur de 173 livres. La traction était assurée par un bœuf et un taureau, le notaire intégrant dans l’estimation des deux animaux « les courroies en cuir qui servant à harnacher le dit bœuf et taureau » Au vue des superficies, les trois chevaux devaient aussi être utilisés. Précisons que l’utilisation des bœufs pour les labours et autres travaux n’était pas exeptionnelle, nous en avons d’autres exemples à Bretoncelles et dans les paroisses environnantes.[124]

Chez Hubert Feron, on utilisait une charrue, deux banneaux, deux herses en bois, une traîne le tout valant 184 livres. Le matériel agricol représentait aux Chatelets 3,8% des biens mobiliers contre 7,1 aux Alleux. La moyenne établie sur un panel de 71 laboureurs [125] est de 7,1 %.

Les productions agricoles.

Elles ont pout but d’assurer en partie l’autosuffisance alimentaire de la famille et des employés, la nourriture des animaux, la continuité de la production (semences, reproduction…) et de dégager des surplus devant être commercialisés. Chaque secteur de production contribuait  dans des proportions plus ou moins importantes à ces objectifs. On peut penser que la production de lait, de chanvre, la basse cour, les porcs participaient pour une grande partie à la consommation domestique. A contrario, les grains, les moutons sont, surtout chez Denis Mercier, très largement commercialisés même si une partie est de fait consommée par le cheptel.

Le cheptel vif.[126]

 Les étables de Denis Mercier étaient bien pourvues, nous avons déjà évoqué un bœuf et un taureau à cela s’ajoutaient une taure, huit vaches et trois veaux. Tant pour les vaches seules, que pour l’ensemble des bovins, le fermier des Châtelets se situait largement au dessus des moyennes rencontrées dans les étables des laboureurs de notre panel. Elle est pour les vaches de 4 avec un maximum de neuf unités chez  Michel Vavasseur à Rémalard en 1785,[127] concernant les bovins, elle s’établit à 7 avec un maximum de 23 toujours chez Michel Vavasseur.  L’ensemble était estimé à 613 livres. Hubert Feron était moins biens pourvu, son cheptel, au décès de son épouse en 1780 se composait de trois vaches de couleur rouge agée respectivement de 18 mois, 4 et 5 ans. A sa mort, ce nombre n’avait pas changé, leur valeur était estimée à 155 livres. Nos deux laboureurs utilisaient, nous l ‘avons évoqué trois chevaux ce qui les situent un peu au-dessus de la moyenne de notre panel qui est de 2,3. Leur valeur était de 414 livres pour Denis Mercier et 323 pour Hubert Feron.

Les ovins comptaient peu aux Alleux avec 5 unités contre 62 aux Châtelets pour une valeur de 248 livres, la moyenne du panel étant de 44,5. Des troupeau plus conséquents  se trouvaient chez Lormeau avec 120 bêtes  à Vaupillon en 1775, 97 chez Huard à Meaucé en 1771. Notons que Denis Mercier avait aussi deux chèvres et un bouc.

Les productions : gros et menus grains.

Pour avoir une idée des productions agricoles de nos deux laboureurs-tuiliers, il convient de suivre les estimateurs dans les granges et greniers des deux exploitations. Il est nécessaire d’être prudent car suivant la date de l’inventaire, la situation peut-être totalement différente. Un bilan ayant lieu après les récoltes trouvent les lieux de stockage garnis, au printemps, une grande partie  des productions a été consommée et commercialisée.

Les estimateurs pénétrant dans la grange à blé de Denis Mercier trouvent « un tas de gerbes de bled metiel pouvant contenir soixante douzaine de gerbes de bled de cette qualité, lequel lorsqu’il sera battu, vanne et nettoye pourra produire soixante minots de bled mesure de la La Loupe … »[128] à cela s’ajoutait douze douzaine de gerbes de bled seigle. Nous ignorons si la grange était pleine, l’avait-elle été et quelle partie de la récolte avait été vendue au moment de l’inventaire à la mi-mars ? Le même constat est valable pour la grange à avoine et les greniers. IL convient de constater qu’une partie des grains est encore en gerbes. L’inventaire du contenu des granges et greniers de Denis Mercier ne peut que donner une idée partielle des quantités récoltées sur la ferme des Châtelets. A la mi-mars 1792, les réserves en grains de la ferme tuilerie des Châtelets complétées par celles du bordage Chêne Lizé étaient de 50 minots de blé froment pour un montant de 237 livres 10 sols, de 123 minots de métiel estimés à 511 livres 10 sols, 22 minots de seigle pour 56 livres et 245 minots d’avoine valant 432 livres soit un total de 1 236 livres.[129] Sans surprise, les surfaces cultivées étant moindres et la date d’inventaire plus tardive(début mai), la ferme des Alleux ne renfermait que trois septiers, mesure de La Loupe,  de blé pour une valeur de 75 livres, un minot d’orge et dix minots d’orge soit un total de 127 livres.[130]

 Les productions annexes.

Les cidres.

 Les nombreux pommiers et poiriers disséminés dans les champs permettaient une production de cidre et de poiré dont une partie était probablement commercialisée. Au Châtelets, les estimateurs notèrent la présence de six pipes de poiré et de cidre pommé, de cinq poinçons de cidre pommé et de deux de petit cidre le tout valant fût et jus 280 l livres.[131] Aux Alleux, les trois pipes de cidre pommés et les six de petit cidre étaient évalués à 240 livres. [132]Le pressoir d’Hubert Feron valait avec ses ustensiles 52 livres.

Le chanvre et la laine.

La présence dans les deux exploitation de rouet et dévidoir atteste d’une activités de filage. Les deux inventaires  confirment cette présence sous  différentes formes  et quantités : chanvre froissé, brin de fil, fil de gros, fillasse. Aux Châtelets les différents fils représentent une masse de 19 livres pesantes valant 37 livres 10 sols, le chanvre froissé pesant 221 livres était estimé à 55 livres 5 sols. Aux Alleux, les quantités étaient moindres pour une valeur de 46 livres.[133] Le stock de laine de Denis Mercier était peu important au regard du troupeau (12 livres pesantes) mais nous sommes en mars et l’on peut penser que la production de la tonte précédente (avril 1791) avait été commercialisée ou filée.

La production laitière.

Sa présence est attestée de façon indirecte à travers la présence d’une pièce dédiée à la laitrie et de matériel. Aux Châtelets il se composait d’une baratte, de 34 pots à lait, d’une crémière, de 4 plats à beurre, d’une chazière [134] et 6 cagerottes,[135] cet ensemble permettait de transformer le lait des six vaches de l’exploitation. Aux Alleux l’équipement était plus modeste.

 Porc et basse cour.

Pour la consommation domestique Denis Mercier, au moment du décès de son épouse élevait deux porcs estimés à 58 livres et une basse cour se composant d’un coq, de 20 poules, deux chapons et 5 dindes d’une valeur de 21 livres. Chez Hubert Feron, on comptabilisait un coq et 18 poules pour 9 livres. Signalons qu’en 1780, on trouvait dans la cour 29 dindes. 

La ferme tuilerie : une unité de production artisanale.

 Nous allons maintenant aborder la deuxième fonction de la ferme-tuilerie à savoir la production de tuiles mais aussi de briques, pavés et faiteaux. Cette production artisanale a trois endroits dédiés : la carrière où l’on extrait la terre, la halle et le four. Notre documentation les concernant est très réduite. Une allusion à l’extraction de la terre déjà évoquée dans  le bail de 1776 et la mention des fourneaux et halles des deux entités des Châtelets et Alleux. Nous allons tout d’abord présenter le processus de fabrication des tuiles et autres produits.

La fabrication des tuiles, briques et pavés.

Pour ce chapitre technique, nous avons choisi de reproduire en grande partie le mode de fabrication présentée sur le site de « l’inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes » [136] dans la rubrique : La terre. Nous avons illustré ce texte avec une planche extrait de l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers.

« Une succession d'opérations est nécessaire à la fabrication des tuiles et des briques : extraction et préparation de l'argile, façonnage et cuisson. La manutention, indispensable entre chacune de ces opérations, est une des caractéristiques du travail de l'ouvrier tuilier. » [137]

L'extraction et la préparation de l'argile.

« On extrait l'argile à la pioche et à la pelle durant l'hiver dans des carrières à ciel ouvert. Cette terre est acheminée à la tuilerie-briqueterie par tombereaux, où elle est déchargée en tas et laissée à l'air libre jusqu'à son utilisation.

À la belle saison, on jette l'argile dans une fosse ou une cuve, où elle est étendue d'eau (50 à 100 litres par mètre cube de terre) ; elle est ensuite foulée aux pieds et à la pelle ou par des animaux pendant quatre à cinq heures pour en faire une pâte que l'on laisse reposer une journée. […]

 Le façonnage.

 La pâte est moulée à la main dans un moule en fer ou en bois, dont le fond est préalablement sablé pour éviter de coller. Pour l'élaboration d'une tuile creuse, la plaque obtenue est posée sur une forme courbe en bois.

Le séchage est effectué à même le sol en plein air ou sur des étagères disposées dans de grands hangars ou séchoirs ; ces derniers se caractérisent par une toiture aux longs pans qui arrivent très près du sol et qui laissent ainsi passer l'air mais non la pluie. Quelques jours ou semaines, selon la saison et le temps, sont nécessaires au séchage des produits.

La cuisson. 

La cuisson s'effectue dans un four à cuisson intermittente. […] La cuisson, au bois, débute par trois jours de préchauffage et se poursuit par 24 heures de grand feu ; le défournement s'opère après une phase de refroidissement de deux à quatre jours. La température du four est estimée par le tuilier en regardant la couleur que prend la terre à l'intérieur (entre 800° et 1200° C.). Les produits défournés sont chargés sur des brouettes et stockés […] » [138]

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Les lieux de production.

Comme nous l’avons dit, nous ne possédons pas de description des fours utilisés par Denis Mercier et Hubert Feron. On peut penser qu’ils étaient du même type que la description que l’on trouve sur le site de l’inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes. Il s’agissait de  « four vertical dit également droit ou debout est le type de four le plus ancien (attesté dans la région dès le 18 e siècle). Construit en moellon et revêtu à l'intérieur de briques réfractaires, il est de plan carré, d'une hauteur de 5 à 6 mètres. Son foyer est installé sous la chambre de cuisson, séparé d'elle par une sole (partie où sont déposés les produits) à claire-voie ; il est alimenté par des fagots de bois. Ce four, non couvert, nécessite à chaque cuisson la réalisation d'une voûte sommaire à partir des produits à cuire. Pour améliorer ses performances, il sera le plus souvent couvert d'une voûte en briques percée de trous d'aération à la fin du 19e siècle. » [139] Le schéma ci-dessous accompagnant cette description permet de mieux le visualiser.

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 Les matières premières : terre et bois.

 Deux matériaux sont indispensables pour la confection des tuiles : la terre et le bois. L’implantation de plusieurs tuileries dans un rayon assez restreint aux limites de Bretoncelles, Vaupillon et St Victor-de-Buthon se justifie par les caractéristiques du sous-sol propre à fournir une terre convenant à la fabrication des tuiles et autres produits de la même famille. Trois  baux font référence au droit de prélever la matière nécessaire, celui signé par Denis Naveau en 1776, déjà évoqué, qui stipulait qu’il fallait « de tirer la terre nécessaire pour la fabrication de thuiles dans les endroits ordinaires sans pouvoir causer aucun dommage a qui que ce soit tant par le tirage que par le charroi des dittes terres. »[140] ,  celui signé en 1789 par Jean-Claude Prieur, gendre de Denis Mercier, pour la tuilerie du Bignon à Montireau. Il précise que le preneur aura « le droit de tirer la terre necessaire pour la fabrication des marchandises à prendre aux environs de la cour dans les endroits à indiquer » [141] Enfin, le bail passé au nom des mineurs de Germain Heurtault aux Alleux, sur lequel nous reviendrons,  signale un champ de 25 perches dans « lequel on tire de la terre a faire de la brique. » [142] L’inventaire après décès de Angoullevant signale la présence de « deux monceaux de terre à tuiles, briques pour avril prochain » [143] estimés à 28 livres 16 sol.

Nous sommes mieux renseignés pour le combustible. Trois sources étaient possibles, le prélèvement sur les haies et les bois des exploitations, l’achat de coupes[144] ou de parcelles  enfin l’approvisionnement auprès de marchands de bois ou charbonniers

Ainsi, dans la cour de Denis Mercier, se trouvaient 3 600 bourrés provenant de « l’émondage des haies de la ferme et de plusieurs autres bouquets de bois propres a faire des fagots et bourrés. » [145] Nous possédons des traces d’achats d’Hubert Feron. En 1771, il acquiert auprès de  Marguerite Merieux veuve de Guillaume Moulin 0,5 arpent de bois taillis à la Haye neuve à Bretoncelles pour 25 livres. [146] La même année, il se porte conjointement avec Louis Bailleau, marchand de Montireau, acheteur d’une coupe de 10 à 12 arpents de bois taillis située à Vaupillon et St Victor de Buthon pour un montant de 73 livres l’arpent.[147] Enfin, son inventaire après décès nous apprend qu’il se serait porté acquéreur de 11 arpents de bois situés aux Defais à Bretoncelles auprès du seigneur de La Loupe pour une somme de 274 livres 18 sols. Le bail de la tuilerie du Bignon, prévoyait que Jean Claude Prieur puissent prendre livraisons « tous ans dans le temps de l’exploitation de bois de la quantité de 4 000 bourrés de taillis de la terre de montireau sur le mandat qui leur sera délivré par le sieur godet et qu’ils présenteront aux marchands de bois qui exploiteront les dit bois au prix de 6 livres le 100 acquitte tous les ans à la recette de la Dame de Chimay en meme temps que le fermage. » [148]

Les achats peuvent être appréciés par l’intermédiaire des dettes passives de la succession, de fait nous ne connaissons pas les quantités mais seulement leur montant. On en trouve plusieurs dans l’inventaire après décès de la première épouse d’Hubert Feron, Marie Richardeau.  Ainsi, la succession était redevable de deux dettes de 293 et 232 livres auprès de Dame Aubin, maîtresse de la poste de la Loupe, de 98 livres 6 sols envers le sieur Proust, un marchand de bois de Nogent-le-Rotrou. Il était aussi dû 29 livres au dénommé à Moulin, cuiseur de charbon, soit un total de 652 livres et 6 sols. Denis Mercier devait 161 livres à un marchand de bois pour 18 cordes vendue 8 livres 10 sols la corde.

Enfin, on peut se pencher sur les stocks de bois figurant dans les cours. Les quantités étant bien entendues fonction du moment, avant ou après la période de cuisson. Ainsi on trouve 8  cordes de bois à charbon pour une valeur de 32 livres chez Hubert Feron en 1789. Le  stock de tuiles et autres produits conséquent laissant à penser que l’essentiel du bois avait été consommé lors de la campagne de cuisson d’avril, rappelons que l’inventaire a lieu en mai. En 1780, on trouvait dans la cour, 4 cordes de bois et 1 500 fagots pour un montant de 105 livres.  Aux Châtelets, 19 cordes de bois et 3  600 bourrés pouvant, d’après Denis Mercier fournir 15 cordes bois à charbon étaient estimé à 289 livres. Là, au contraire, la période de cuisson n’avait pas eu lieu, le fourneau était plein de tuiles, briques et pavées non cuits.

 Les productions des tuileries des Châtelets et des Alleux.

Pour avoir une idée des quantités produites nous sommes contraints de nous baser sur les comptes des estimateurs, ces derniers lors des inventaires après décès comptent et estiment les quantités se trouvant dans Les halles, les fours et aux alentours. Là encore, la période de l’inventaire influe sur les résultats. Les tuileries produisaient des tuiles parfois qualifiées de girondes, des briques, divers types de pavés : à chambre, à grenier ou à four, des festeaux (faiteaux).  Le tableau ci-dessous récapitule les productions connues.

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Les inventaires après décès nous permettent aussi d’esquisser une évolution des prix de ces matériaux.

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A la suite de la phase de production, il s’avérait nécessaire de se préoccuper de la commercialisation de ces productions, c’est à cet aspect que nous allons maintenant nous intéresser.

 Les activités commerciales des laboureurs tuiliers.

 En l’absence de documents comptables, si tant est qu’ils aient existés, nous en sommes réduits à nous contenter des éléments fournis par les dettes actives figurant dans les inventaires après décès, c’est à dire l’argent dû à la succession. Ces dernières ne peuvent donner qu’une vue restreinte des activités commerciales de Denis Mercier et Hubert Feron. Nous savons, par exemple, qu’Hubert Feron était partie prenante dans une société avec un dénommé Jean-Baptiste Dubefé.

 

Denis Mercier :  un spéculateur ?

Nous n’avons aucun élément sur les transactions commerciales concernant les productions agricoles de Denis Mercier. D’ailleurs, les dettes actives de ce dernier sont peu importantes, elles se montent à 107 livres pour 9 créanciers. Elles portent sur des productions de la tuilerie dont 5 600 tuiles. Nous sommes en mars, ces dettes sont-elles un reliquat de la production de l’année précédente,  la période de cuisson étant en avril ? Quant aux ventes de grains, les transactions se réglaient-elles au comptant ? Une chose est assurée, il ne déclare pas d’argent liquide au notaire lors de l’inventaire. Denis Mercier attendait-il que les prix montent avant de vendre ? Il est attesté que les récoltes de 1791 et des années précédentes furent médiocres dans la plupart des régions. Les tensions sur le marché des céréales étaient fortes. De plus, la dépréciation de l’assignat n’engageait pas les laboureurs à accepter la monnaie papier comme moyen de paiement. La tentation de garder les grains dans les greniers pour les vendre au prix fort était grande. Denis Mercier faisait-il partie de ces spéculateurs, la question peut être posée ? En l’état, nous ne sommes pas en mesure d’y répondre.

La commercialisation de la production d’Hubert Feron.

Nous disposons concernant Hubert Feron, dans les inventaires après décès,  de deux listes de créanciers assez conséquentes. Dans celui de Michelle Richardeau figure le nom, le domicile du débiteur et le montant de la créance mais peu d’éléments sur le statut des acheteurs et pas d’éléments sur la nature des marchandises vendues. On peut néanmoins, en se basant sur la seconde liste, en déduire qu’il s’agit principalement de produits de la tuilerie.  La deuxième liste est plus complète, la plupart des statuts figure ainsi que  la nature des marchandises mais malheureusement plus rarement les quantités. Le premier tableau récapitule les grandes tendances des deux listes. Signalons qu’en 1780, 83 livres soit 2,49 % des créances sont considérées comme non recouvrables.

 

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 Localisation des créanciers.

 

Le tableau ci-dessous regroupe les éléments concernant la localisation des créanciers d’Hubert Feron. Il permet de constater que ces derniers sont majoritairement originaires de La Loupe, Vaupillon, sa paroisse, de Bretoncelles et La Madeleine-Bouvet soit un rayon  de  9 kilomètres. Néanmoins, en 1780, plusieurs ventes lucratives à Nogent-le-Rotrou, Villeray, Condé-sur-Huisne étendirent cette aire à 20 kilomètres. [149]

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Valeurs des créances.

 

Le graphique ci-dessous ventile les créances en fonction de leur valeur. On constate qu’une grande majorité des sommes dues 74 % en 1780 (77 créances) et 66,6 % en 1789 (56 créances) portent sur des sommes inférieures à 30 livres. Cependant, si l’on s’intéresse à leurs  montants cumulés, il s’avére que les dettes de plus de 60 livres représentent 59, 2 % des sommes à recouvrer en 1780 ( 1 972 livres) et 63,7 % (2 331 livres) en 1789.

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Les paroisses les plus rentables.

 

Nous avons voulu savoir dans quelles paroisses Hubert Feron réalisait ses meilleurs chiffres d’affaires. Le tableau récapitule ces données.

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Entre 1780 et 1789, on note la disparition de Nogent-le-Rotrou et la progression de Bretoncelles résultant d’une grosse créance de 585 livres dues  par  Denis Garnier, meunier au Moulin neuf. L’essentiel des sommes dues en 1789 proviennent de créanciers se situant dans un rayon de 9 kilomètres, doit-on y voir l’aire commerciale d’Hubert Feron à cette époque ?

La nature des marchandises vendues.

 Ces renseignements nous sont fournis par la liste de 1789. Sans surprise, il s’agit surtout de la production de la tuilerie : tuiles, briques, pavés, festeaux … Comme signalé, les quantités vendues sont rarement mentionnées. Relevons trois commandes de 400 tuiles chacune, une de 450, deux de 1 000 et une de 1 300. Un menuisier de Rémalard acquiert 3 000 pavés, 200 briques sont vendues à un autre. 600 briques de four prennent le chemin de La Loupe chez un bijoutier. Dans plusieurs cas, Hubert Feron assure le transport, les autres clients devaient prendre livraison  aux Alleux ou faire appel à un voiturier. Tout comme Denis Mercier, Hubert Feron vend  la cendre résultant de la cuisson des tuiles. Ainsi, un laboureur de la Madeleine-Bouvet lui doit deux livres pour un minot.  Il se fait aussi à l’occasion marchand de bois de chauffage en cédant à un taillandier de La Loupe 26 cordes de bois pour 156 livres 6 sols. Il commercialise aussi des cercles de bois pour poinçon, pipe et rondelle. Ce fait est confirmé par son inventaire après décès. En effet les estimateurs relèvent dans la halle de la tuilerie «  cinquante quatre meules de cercles de poincon, quatorze doublies de cercle à rondelle douze meules de cercles à pipe »[152] Le tout est estimé à 52 livres. Autre produit commercialisé par Hubert Feron le bois de charpente, il en vend pour 126 livres 5 sols à un client de Vaupillon. Son inventaire atteste de la présence de « quarante-six pièces de bois de charpente de différentes grosseur et longueur » pour 82 livres ainsi que 180 pieds de mauvais chevrons, un lot de planches, sept quarterons de bois à merrain, le tout pour un total de 146 livres. En 1780, les mêmes matériaux étaient estimés à 171 livres. Il n’en reste pas moins que l’essentiel des activités commerciales d’Hubert Feron portent sur les produits de la tuilerie, les récoltes étant probablement consommées en grande partie sur l’exploitation.

 Statuts des clients et gros acheteurs.

La liste de 1789 nous fournit la plupart des statuts professionnels des clients du tuilier des Alleux. Sans entrer dans une étude statistique, on relève la présence d’une quinzaine de laboureurs et bordagers, une vingtaine de personnes évoluant dans le secteur commercial : divers marchands, plusieurs aubergistes, le dernier contingent important est celui des artisans : serrurier, menuisier, maréchal, forgeron, charpentier …

En 1789, le principal créancier est Denis Garnier, meunier au Moulin neuf à Bretoncelles avec 585 livres 18 sols. Viennent ensuite un avocat au parlement de La Loupe avec 235 livres 11 sols, un laboureur de La Madeleine-Bouvet, débiteur d’une somme de 154 L 11 sols, un taillandier de La Loupe pour 156 L 5 sols. En 1780, deux habitants de Nogent-le-Rotrou devaient respectivement 255 L 10 sols et 110 livres, un autre de Moutiers-au-Perche 194 livres, un paroissien de  Condé-sur-Huisne 139 L 5 sols. La dette la plus élevée était de 405 mais nous n’avons pas pu identifier sa paroisse. 

Les acquisitions et ventes de Denis Mercier et Hubert Feron.Sous réserve de connaître toutes les transactions effectuées par les deux laboureurs tuiliers, on peut supposer avec toutes les précautions nécessaires, que les ventes des propres du couple Mercier avaient pour objet de dégager des liquidités pour amortir en partie l’achat du bordage du Chêne Lize et accessoirement de se séparer de biens situés dans des paroisses où, à priori, ils n’avaient plus l’intention de vivre. Concernant Hubert Feron, il s’agirait de se constituer un ensemble foncier visant à compléter les terres des Alleux et de réinvestir les bénéfices de l’exploitation de la ferme tuilerie.

Bilan financier des deux exploitations.

Nous allons maintenant essayer de tirer des éléments concernant un bilan financier des deux exploitations avec les données en notre possession, elles sont présentées dans le tableau ci-dessous.

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Le patrimoine brut. 

Sa définition nous est donné par Hervé Bennezon dans son ouvrage « Montreuil sous le règne de Louis XIV » [155] Il définit le patrimoine brut de la façon suivante. Il s’agit de la valeur des objets sans ajout des dettes actives, estimations des récoltes ni déduction des dettes actives.[156] Il s’établit pour Hubert Feron  en 1780 à 2 875 livres et à 2 570 en 1789. Pour Denis Mercier, en 1792, il se monte à 4 446 livres. La moyenne du patrimoine brut des 55 laboureurs de notre panel s’établissant à 2 282 livres, nos deux laboureurs tuilers et surtout Denis Mercier se plaçaient dans le quartile supérieur. Néanmoins, il convient d’être prudent,  nous ignorons le poids de l’inflation des premières années de la Révolution sur les estimations du patrimoine de Denis Mercier. 

Le patrimoine net.

Il s’agit de l’ensemble des objets avec ajout des dettes actives, estimation des récoltes auxquels nous avons ajouté l’argent liquide que n’évoque pas Hervé Bennezon. A cela il faut déduire les dettes passives. Nous obtenons des résultats moins précis. En effet, nous ignorons le passif d’Hubert Feron en 1789 et celui de Denis Mercier est incomplet. En 1780, le patrimoine net d’Hubert Feron au décès de son épouse était de 4 593 livres. Pour Denis Mercier, en 1792 il s’établissait à 3 522 livres. Ce chiffre est à prendre avec précaution car si les dettes passives non chiffrées ne devaient pas être trop importantes, il semble s’agir de droits seigneuriaux, la non estimation des récoltes car insuffisamment avancées pèsent beaucoup plus lourd. De fait, le patrimoine net de Denis Mercier était certainement plus élevé que les 3 522 livres calculées.

Aspects du patrimoine mobilier.

Nous avons calculé le poids que représentaient les principaux postes dans l’actif mobilier des deux successions. Les sommes comptabilisées représentent plus de 80 % des montants concernés. Là encore, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un bilan à un moment T expliquant en partie  les différences sur  certains postes comme : les réservesde gros et menus grains, les produits de la tuilerie et le combustible. Enfin, les objets de la vie quotidienne : lit, meubles, linge représentent peu de chose dans l’actif mobilier des deux laboureurs tuiliers.

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 Le passif des deux exploitations.

 

Ayant déjà évoqué les actifs à travers la commercialisation des produits, il convient de d’aborder les charges pesant sur les deux exploitations.

Les graphiques qui suivent présentent les dettes passives ventilées par grands postes de dépenses. Comme les dettes actives, il s’agit d’une photographie à un moment.

 

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 Les principales charges de Denis Mercier sont les fermages, il s’acquitte de 600 livres pour la ferme des Châtelets mais aussi de 60 livres pour utiliser l’étang des Landes. A cela s’ajoute une rente de 89 livres pour le bordage du Chêne Lize. Dans les dettes passives de 1792, le montant à régler est de 164 L 10 sols soit deux ans de rentes d’après Denis Mercier. Les salaires pèsent pour 96 livres dans les dettes passives, ils portent sur des arriérés dus au personnel permanent et des journées à des intermittents.  Nous savons que la masse salariale de trois de ses domestiques permanents, s’élevait à 152 livres par an. Est-ce là tout l’effectif ?  La dette de bois de 161 livres correspondait à l’achat de 18 cordes.

 

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Pour Hubert Feron en 1780, le coût du fermage des Alleux dû au seigneur de la Loupe est de 400 livres. Signalons qu’en 1781, il prend le bail pour 6 ans et moyennant un fermage de 148 livres par an, la tuilerie de Germain Heurtault aux Alleux et dont nous reparlerons plus loin. Nous ignorons si à son décès en 1789, il en était toujours le preneur. Le principal poste de dépense est celui du combustible (bois et charbon) pour un montant de 652 livres. Les salaires de ses employés  représentent 182 livres. Hubert Feron était présent sur le marché des rentes avec une dette de 433 livres. Il devait aussi 400 livres pour des affaires commerciales dont nous ignorons la nature avec le nommé Mocher de Vaupillon. Le paiement à faire pour diverses fournitures dont du foin se montait à 119 livres 16 sols. Enfin, nous ignorons la nature de huit dettes s’élevant à 140 livres 10 sols. 

Tuiliers, compagnons tuiliers : des destins constrastés.

Le présent à chapitre a pour objet d’évoquer les différents tuiliers et compagnons tuiliers rencontrés au cours de notre recherche et dont la présence aux Châtelets ou aux Alleux est plausible. Si, pour la plupart, nous ne possédons que des informations  restreintes, l’un d’entre-eux Enselme Feron est un peu mieux documenté, c’est à avec lui que nous conclurons ce chapitre. La production tuilière nécessitait  beaucoup de manutention ne requérant pas de compétence particulière mais aussi un savoir faire certain tant pour le moulage que pour la période délicate de la cuisson. Nous avons que peu d’éléments sur le personnel. Néanmoins, les données disponibles illustrent, à travers les Heurtault comme pour les Feron et les Mercier le caractère familial de la production, l’importance de la transmission des savoir-faire et des choix matrimoniaux. 

Le personnel de Denis Mercier

Ainsi, Denis Mercier a travaillé avec ses fils, probablement aussi Jean Claude Prieur, son gendre,  tuilier de son état.  Dans l’inventaire après décès de Marie Angoullevant, aux chapitres des dettes passives figurent des renseignements sur le personnel de Denis Mercier. Ils sont au nombre de trois, le plus intéressant est Jean Cottereau qualifié de « Garcon de cour et mouleur en thuile » [157] ses gages sont de 69 livres par an. La qualification du second, Pierre Prieur, de la famille de son gendre Jean-Claude ? n’est pas précisée, son salaire est de 46 livres par an. Enfin, signalons la présence de Marie Louise Boullay, servante payée 36 livres 10 sols. 

La famille Heurtault : une famille de tuilier.

En 1769 , l’un des employé de Germain Heurtault est Jean Hardy, il est noté garçon tuiler aux Châtelets[158] Il est le parrain de François Heurtault, fils François, lui-même tuilier[159] et dont on peut penser qu’il travaillait avec Germain, ce dernier était d’ailleurs signalé comme son curateur lors de son mariage. [160] Il était le fils de Denis, frère de Germain.

En 1762 décède à 35 ans Jean Renaut, garçon tuilier, il est l’époux de Marie Heurtault  qui est la petite-fille de Denis Heurtault[161] et la fille de François Heurtault. Peu avant, le couple avait vendu quelques biens dont l’épouse avait hérité de sa mère Jacqueline Jumeau.[162] Nous avons aussi repéré un François Langlois époux de Marie Heurtault  autre gendre de Germain Heurtault.  [163] Nous pouvons encore citer Pierre Pantonnier, lui aussi garçon tuilier décédé en 1786 [164] chez Germain Heurtault, ancien tuilier des Châtelets, exerçant son activité aux Alleux à Vaupillon. Autre garçon tuilier, Louis Jubeaux, [165] fils d’un homme de peine,  il épouse Jeanne Lecointre fille d’un laboureur en 1761. Notons que parmi les témoins du mariage figure Gilles Heurtault, époux de sa sœur Louise. [166]  Nous évoquerons un plus loin Jeanne Heurtault, fille de Germain. Apparition fugace d’un tuilier bretoncellois dans notre documentation, Jacques Avignon qui épouse en 1747 à St-Victor-de-Buthon Charlotte Poirier. [167]

Jacques Avignon, Louis Lebrun : des tuiliers bretoncellois. 

Louis Lebrun nous est mieux connu, originaire de Nogent-le-Rotrou, il demeure à Senonches lorsqu’il épouse en 1772[168] Marie Sagot fille de Jacques et Marie Levret. Il est plusieurs fois noté tuilier lors de la naissance de ses enfants[169] ainsi que lorsque sa veuve signe un bail en 1793.[170] Le couple vit à Bretoncelles dans la hameau de la Clairière à 2,5 km des Châtelets mais beaucoup moins à travers champs. Louis Lebrun meurt à 40 ans en 1784.[171]

Louis Richardeau et Jeanne Heurtault : une ascension sociale ?

 Jeanne Heurtault est la fille de Germain et Jeanne Bellois, elle est née en 1756.[172] En 1774, elle épouse Louis Richardeau, fils de Michel laboureur à la Riguetterie, à Bretoncelles et Louise Avignon. [173] Louis Richardeau est tout d’abord tuilier, il travaille probablement avec son beau-père, il est présent lors de l’apposition des scellés suite au décès de son beau-père et se charge de la succession. Puis son activité professionnelle va prendre un tournant plus agricole, il est noté comme laboureur et tuilier en 1789, puis « ancien tuilier actuellement bordager »[174] et enfin laboureur. Nous pouvons suivre le couple à travers diverses transactions immobilières. En 1789, ils prennent à bail, un fournil, une écurie, un toit à porc, un jardin, un clos à filasse et 7,5 arpents de terres labourables, noue, bois, broussis en dix-sept pièces à la Rigueterie et dans les environs pour une durée de neuf ans et 72 livres de fermage.[175] En 1793, ils achètent à Geneviève Heurtault, sœur de Jeanne ? domestique à La Loupe sa moitié des biens situés à Vaupillon, lui revenant de la succession de Germain Heurtault, leur père pour un montant de 300 livres.[176] Enfin en 1799, Ils acquièrent auprès de Mathurin Seguin, garde moulin et Marie Louise Lejeune des biens mobiliers, une maison, une écurie et une petite grange, deux jardins ainsi que 84 perches de terres labourables, 25 perches d’herbage, dix perches de bois taillis. L’ensemble étant situé au Moulin neuf à Bretoncelles. Les biens sont estimés à 623 livres : 138 pour le mobilier[177] et 494 pour l’immobilier. Cette transaction se régle par le biais d’une rente viagère de 4 quintaux de blé froment « de belle et bonne qualité et dite tête de blé des halle de rémalard », de 26 fagots de bon bois, et moyennant le labours de terre. Le montant de la rente était estimé à 43 livres.[178]  Au final, de tuilier ayant probablement une modeste activité agricole, bénéficiant probablement de la succession de son père laboureur à la Riguetterie,[179] Louis Richardeau poursuivit son activité professionnelle comme cultivateur témoin de sa réussite sociale ? Nous ne disposons pas, en l’état de notre documentation, des éléments pour en juger.

 Enselme Feron : compagnon tuilier.

Chez les Feron, nous l ‘avons évoqué, il existe aussi une tradition tuilière. Outre Hubert, tenant des Alleux et ses  fils Sébastien et Antoine, il y avait aussi Enselme second du nom, frère d’Hubert et oncle de Sébastien et Antoine. A l’origine de la famille se trouvait Enselme, premier du nom, père d’Hubert et Enselme, second du nom et  grand-père de Sébastien et Antoine.

Enselme est le compagnon tuilier sur lequel nous sommes le mieux documenté car nous disposons de son inventaire après décès, néanmoins ce document est à prendre avec précaution car il fut rédigé deux ans après sa mort.  Enselme serait né en 1737 d’après son âge au décès, à Vaupillon. Il épouse en 1765, dans sa paroisse de naissance, Marie Germaine Pantonnier. [180] Le couple aura au moins cinq enfants dont une seule est vivante au décès de son père : Françoise âgée de cinq ans.  Le couple réside dans le hameau des Alleux et il fort probable qu’Enselme travaille avec son frère Hubert.  En 1774, il décède à Vaupillon à l’âge de 35 ans.[181] En 1776, sa veuve se remarie avec Jacques Boullay, un journalier, veuf lui aussi. Cette union impose de faire un inventaire pour préserver les intérêts de Françoise, héritière de son père dont le tuteur est Hubert Feron, son oncle. Le notaire note « la modicité des meubles et effets dépendant de la dite communauté » [182] La succession d’Enselme Feron ne doit pas être pris comme l’archétype du cadre de vie d’un compagnon tuilier, les situations étaient sûrement différentes selon les cas, de nombreuses variables entrant en ligne de compte dans la patrimoine existant au décès d’un individu comme : l’âge, la situation économique et familiale ( nombre d’enfant, veuvage, héritage …). On retrouve ces différences chez les journaliers auxquels on peut apparenter les compagnons tuilers même si c’est derniers possédaient un savoir faire technique. De plus, nous l’avons dit deux ans séparent l’inventaire du décès. Il est possible que sa veuve confrontée à une situation économique compliquée se soit séparée de certains biens mobiliers. Ainsi, la présence de deux pots à lait et d’un pot à fromage sous-entend-il qu’à une époque le couple possédait une vache ? Ceci posé, on peut envisager que le mobilier inventorié est celui qui figurait chez les Feron au décès du mari et que nous échappe les éventuelles ventes.

L’élément ayant le plus de valeur était le lit « un vieux bois de lit a quatre quenouille avec un lit et un traversin de mauvaise plume, une couverture, un drap, et un tour de lit de petite serge verte » [183] estimé à 20 livres soit 40 % de la valeur du mobilier estimé à 49 livres. Les meubles se composaient d’une huche, d’un coffre, d’une table de chêne avec son tiroir, deux chaises de bois blanc empaillées, un bancelle et une selle. Notons la présence d’un berceau d’enfant et l’absence de vaisselle. Si l’on ajoute, un grill, un chaudron, un chandelier, deux rouets et un dévidoir, on a peu de chose près l’essentiel des biens se trouvant dans la maison dont on peut penser qu’elle se composait d’une pièce unique. Les dettes passives de la succession se montaient à 212 livres. Il était dû 11 livres 13 sols pour l’inhumation d’Enselme Feron, 6 livres pour les impôts, 9 livres de pain, 16 livres 10 sols pour de la farine, 19 livres pour du vin à un cabaretier de La Loupe et 5 livres d’avoine. La principale dette s’élevait à 141 livres, sa nature précise n’est pas connue, elle semble d’origine familiale. Ce bilan largement négatif était atténué par la somme de 51 livres détenue en argent liquide par Hubert Feron, le tuteur suite au recouvrement de dettes dues à la succession.

Si l’on ne peut faire de ce bilan un cas général, on ne peut s’empêcher de penser que la vie quotidienne des compagnons tuiliers, au même titre que nombreux autres habitants des paroisses des environs devait être compliquée. Un autre fait interpelle, il semble bien que l’on mourrait jeune dans ce métier : Pierre Pantonnier décède à 26 ans, Jean Renault à 35 ans, Louis Lebrun 40 à ans, Sébastien Feron 33 à ans et Etienne Jean Glon à 27ans. 

Jean Claude Pieur, Jean Glon,  Germain Heurtault : éléments de bilan d’une vie professionnelle.

Nous avons déjà évoqué ces deux tuiliers liés à la ferme tuilerie des Châtelets : Etienne Jean Glon fils d’Etienne Glon, premier tuilier connu aux Châtelets Germain Heurtault, premier laboureur tuilier de l’exploitation bretoncelloise auxquels nous ajoutons Jean-Claude Prieur, gendre de Denis Mercier. Nous les saisissons à leur décès.

Jean Claude Prieur et Marie Mercier : une certaine aisance ?

Nous ignorons la date du décès de Jean-Claude Prieur époux de Marie Mercier suite à une lacune de l’état civil de Vaupillon. Il eut lieu entre  novembre 1789, date à laquelle il prend le  bail la tuilerie du Bignon à Montireau[184] et mars 1791 où Marie Mercier est notée veuve.  L’inventaire après décès  effectué en 1792[185] afin de protéger les intérêts de Marie Jeanne, leur fille de sept ans et probablement en prévision du remariage de sa mère, nous fournit  des indications sur la situation d’un couple de tuilier. Nous ignorons si le couple était locataire ou propriétaire du lieu où il vivait aux Yvorins à St-Victor-de-Buthon, pas de notion de bail dans les titres et papiers ou dans les dettes passives ni de titre de propriété. L’ensemble se composait d’une maison manable avec grenier dessus, une écurie, une étable, une grange, un pressoir et une cour. De même, on peut se demandait si Marie Mercier détenait toujours le bail de tuilerie du Bignon dont le fermage s’élevait à 400 livres. Nous avons fait une description détaillée de leur patrimoine dans l’annexe n° 1. L’activité tuilière, du vivant de Jean Claude Prieur,  est avérée à travers les dettes actives de tuiles d’un montant de 193 livres  13 sols  pour 9 créanciers. Une petite activité agricole est repérée à travers une vache sous poil rouge estimée à 35 livres qui fournit le lait pour une production de beurre. Peu de cultures, la veuve signale seulement un demi arpent en labours, le grenier renfermait deux spetiers de blé méteil. Classiquement, on retrouve une activité de filage, une production de cidre grâce à un pressoir estimé à 15 livres.Le couple procéda à quelques acquisitions en 1783, ils achetèrent au nommé Moulin une maison aux Defais à Bretoncelles, avec d’autres immeubles pour 350 livres. Deux modestes achats de terre de cinq perches et un demi arpent eurent lieu en 1786 pour 24 livres chacun. Enfin, en 1791, après le décès de son mari, Marie Mercier acheta une maison et dépendances aux Yvorins à St-Victor-de-Buthon.[186] Le détail de la succession était le suivant : mobiliers 622 livres, dettes actives 474 livres,[187] labours 5 livres et dettes passives 21 l soit un patrimoine net de 1 080 livres. Même en tenant compte de la dépréciation de la monnaie du début de la Révolution, la situation économique du couple n’était pas mauvaise.

 Etienne Jean Glon : une carrière brève.

 Etienne Jean Glon meurt le 14 mars 1763 à 27 ans aux Châtelets quelques jours après son père. Il est identifié comme laboureur tuilier. Son activité de laboureur est confirmée par son inventaire après décès,  quant à l’activité de tuilier, elle s’exerçait aux Châtelets avec son père. L’acte notarial de la succession est effectué en 1765[188] quelque temps avant le remariage de sa veuve Marie Sagot [189] avec François Marette son affidé .[190] Ce dernier est d’ailleurs présent lors du bilan de la succession en tant que tuteur solidaire avec Marie Sagot, des deux enfants Etienne Jacques âgé de 5 ans et Etienne Séverin âgé de 3 ans.[191]  L’inventaire permet, comme pour le couple Prieur, de dresser un panorama des différents aspects de la vie quotidienne et  de la situation économique de la famille Glon. Comme pour Denis mercier, nous avons reproduit une grande partie de l’inventaire dans l’annexe n° 2.

La situation économique du couple qui vit dans le bordage du Bois Gas à St Victor-de-Buthon s’avére solide. Le patrimoine mobilier s’éleve à 794 livres s’appuyant en particulier sur un cheptel conséquent qui représente 40,9 % du patrimoine. Si les greniers sont vides, c’est que nous sommes en juillet. Marie Sagot détient 200 livres en argent liquide, résultat probable de la vente des récoltes. Les dettes actives se montent à 58 livres, [192] le passif, bien qu’incomplet, est de 11 livres. Le patrimoine net est donc de 1 041 livres.  Au moment de l’inventaire, 5 arpents de froment et méteil et 5 arpents d’orge, avoine et pois sont estimés à 84 livres. On peut envisager une exploitation ayant une quinzaine d’arpents de terres cultivables. La bonne santé économique du couple vient aussi du fait qu’Etienne Jean Glon était  propriétaire du bordage du Bois Gas, acquis de concert avec son père en 1758. L’avenir de la famille s’annonçait sous des auspices favorables lorsque la mort frappa le père de famille. Notre documentation nous permet  de dire quelques mots sur le devenir de la veuve d’Etienne Jean Glon et de ses enfants. L’inventaire après décès d’Etienne Jean Glon nous apprend que Marie Sagot  a  continué l’exploitation du bordage Bois Gas seule puis avec son affidé. Il est possible qu’elle ait géré la tuilerie pendant quelques temps après le décès de son mari avant qu’elle ne soit reprise par Germain Heurtault. Marie Sagot aura deux enfants avec François Marette avant le décès de ce dernier 1768.[193] En 1771, elle se mariera pour la troisième fois avec François Blanche,[194] un laboureur, le couple aura deux enfants. En 1775, de nouveau veuve, elle est signalée comme meunière à Guéhouville. [195] A une époque où la situation des veuves etait souvent compliquée, il nous semble que Marie Sagot réussit à maintenir son statut social. Quant aux trois enfants d’Etienne Jean Glon  et de Marie Sagot, Jean, né en 1762 à Bretoncelles [196] ne vécut qu’un jour.  Etienne Jacques, l’aîné né en 1760 [197] , il épousa en 1787 Jeanne Corbillon fils d’Augustin laboureur et Marie Geneviève Marette,[198] il décéda en 1796 au bordage du Bois Gas à Saint Victor-de-Buthon.[199]  Nous ne connaissons pas le devenir d’Etienne Severin né posthume en 1763 [200] .

Germain Heurtault : tuilier propriétaire de son outil de production.

C’est avec Germain Heurtault que nous mettrons un point final à notre évocation des laboureurs tuiliers ayant œuvré aux Châtelets et dans les environs. Veuf de Jeanne Bellois, il décède le 19 mai 1781 aux Alleux à Vaupillon à l’âge de 54 ans.[201] Il est inhumé le lendemain en présence entre-autres de trois de ses filles : Jeanne, Marie Françoise et Germaine André.[202] Deux documents nous permettent de saisir le cadre de vie de Germain Heurtault à son décès : les scellés apposés sur ses biens suite à son décès et le bail des héritages de ses mineurs. Ce dernier nous permet de connaître son patrimoine immobilier. [203]Trois enfants mineurs dont nous ignorons le prénom et l’âge ayant  pour tuteur  Louis Richardeau, leur oncle et Pierre Leroy, un journalier de Belhomert comme curateur sont concernés par cet acte passé devant la justice seigneuriale. Les biens en question se composaient d’un premier lot à savoir : une maison avec four, une petite chambre froide servant de laiterie, une petite grange, une écurie le tout d’un seul tenant avec un jardin derrière et une cour devant. A cela, s’ajoutait un ensemble de production tuilière avec un four et deux halles, l’une couverte de paille, l’autre de tuile et un champ de 25 perches propre à fournir la terre nécessaire. La production agricole était assurée par 6,15 arpents de terres labourables  et 1,5 arpent de près. L’adjudication des récoltes nous permet de savoir que 1,9 arpent était ensemencé en blé, 1,35 en avoine et 88 perches de pré étaient en mesure de fournir du foin. Germain Heurtault possédait aussi, toujours aux Alleux une autre  maison manable avec une écurie, un jardin de 25 perches et un petit pré. Suite aux enchères, ce deuxième lot fut adjugé à François Langlois, le gendre du défunt contre 26 livres de fermage. Hubert Feron s’adjugeant le premier lot pour 148 livres et les récoltes pour 199 livres.[204] Les scellés apposés sur les biens de Germain Heurtault nous permettent de pousser la porte de sa maison et d’en apprécier les biens mobiliers malheureusement ce type d’acte n’estime pas la valeur des biens, de même pas de relevés des dettes ni d’inventaire des titres et papiers. Comme pour Jean Claude Prieur et Etienne Jean Glon, nous avons reproduit en dans l’annexe n° 3 l’essentiel des objets de la vie quotidienne de Germain Heurtault.  Les stocks issus de la production tuilière s’élèvent à 14 000 tuiles, 1 000 briques et 500 pavés, un ensemble relativement modeste au regard d’Hubert Feron. Nous sommes en mai, la production de l’année 1781 a-t-elle eu lieu ou la santé de Germain Heurtault l’a-t-elle empêché ? Le grenier était-il vide, en mai cela est possible ou simplement ignoré par les autorités judiciaire. Avec la mort de Germain Heurtault dont le cadavre reposait sur un des lits de sa maison lors de l’apposition des scellés se termine notre étude sur la ferme tuilerie des Châtelets et les laboureurs tuiliers. 

Laboureurs tuiliers,  tuiliers laboureurs, marchand tuiliers ?

 A travers les exemples de Denis Mercier, Hubert Feron, Etienne Jean Glon, Denis Mercier, Germain Heurtault, on constate que la même appellation de laboureurs tuiliers  recouvre des réalités économiques, des activités, des  patrimoines différents. Il faut cependant ne pas perdre de vue que les dénominations professionnelles sont fluctuantes tant dans le temps que selon la perception qu’avait, de la personne concernée, le rédacteur du document que nous utilisons.

Il est dommage que nous ne possédions pas d’éléments financiers concernant la succession de Germain Heurtault. Néanmoins, il semble plus tuilier que laboureur. En parcourant ses biens mobiliers, on peut en déduire qu’il est très loin de la surface financière de Denis Mercier et Hubert Feron. Si l’on compare ses biens mobiliers avec ceux des  couples  Prieur et Glon, ces derniers sont mieux lotis. Reste que Germain Heurtault était propriétaire de son exploitation ce qui n’est pas rien

Si l’on se penche sur le cas de Jean-Claude Prieur, nous avons un activité agricole modeste, cheptel réduit, et semble-il peu de surface cultivable. L’activité tuilère, à travers le bail de la tuilerie du Bignon, en l’absence d’éléments est difficile à apprécier mais ne doit être n’est pas négligeable. Etienne Jean Glon nous  apparaît comme un laboureur ayant aussi une activité de tuilier  avec son père aux Châtelets. Avec Denis Mercier et Hubert Feron, nous entrons dans une autre dimension économique. Denis Mercier est d’abord un laboureur, les surfaces cultivées, le contenu des greniers, le cheptel, la part occupée par les activités agricole dans le bilan financier, en témoignent. Néanmoins, l’activité tuilière est loin d’être négligeable. Il nous semble qu’en prenant le bail de la ferme tuilerie des Châtelets, il a optimisé autant que possible les possibilités économiques de l’exploitation.

A l’opposé Hubert Feron est d’abord un tuilier, son activité agricole, autant que l’on puisse en juger, paraît plutôt centrée sur l’autoconsommation. Qualifié dans de nombreux documents de laboureur tuilier comme dans son inventaire après décès, au regard des ses listes de créanciers, on peut le considérer comme un  marchand tuilier. 

Au terme de cette étude, nous nous sommes attachés à présenter un lieu de production la ferme tuilerie des Châtelets et ceux qui de près ou de loin l’ont occupée et fait vivre de la façon la plus complète possible. C’est pourquoi, nous avons volontairement développé les aspects familiaux nécessaires à la bonne compréhension de ce groupe professionnel des laboureurs tuiliers.[205] L’accent a aussi été mis sur des aspects de la vie matérielle car il nous semble important d’essayer de connaître les gens au plus près de leur vie quotidienne. Enfin, parce que nous sommes dans des activités de production,  nous nous devions d’aborder le volant financier et économique. Reste un regret, l’histoire de la ferme tuilerie des Châtelets au XIX e siècle voire au delà est encore à écrire. [206]

 

ANNEXES

Nous avons regroupé par grands postes l’essentiel des biens mobiliers du couple Prieur, Feron et de Germain Heurtault. Ne figure pas les petits outils et quelques  objets difficiles à classer et de peu valeur. Pour les deux premiers et pour les postes les plus importants, nous avons calculé leur valeur et indiqué quel pourcentage des biens mobiliers ils représentaient. Dans certains cas, le calcul n’est pas possible car différents objets relevant de catégories  différentes sont mélangés, c’est souvent le cas de la cheminée,  de la cuisson et de l’éclairage ou dispersés dans plusieurs endroits, de plus ils pèsent peu dans la valeur totale des biens.

Annexe n° 1

Etabli à partir de l’inventaire après décès de Jean Claude Prieur. 22/10/1792 étude   Boullay 2E 65/517 A.D.E.L

Postes mobiliers

Description

Valeur en livres

Pourcentage des biens mobiliers

Cheminée

Deux crapotins, une pelle à feu

 

 

Cuisson

Un poêlon, 2 marmites, un chaudron, pelle à four, une rôtissoire à pain

 

 

Eclairage

Une lanterne, un chandelier

 

 

Vaisselle

12 assiettes 6 de faïence, 6 de terre, 12 cuillères, 15 verres de verre blanc, 3 pintes, une chopine, 3 pintes,  12 tranchoirs dont 7 en terre et 5 en terre, 2 plats, deux pots de caillou, deux mesures à eau de vie

 

 

Sel

une saulnière, un grugeoir, une poivrière

 

 

Meubles

Une table de chêne, 7 chaises, une huche chêne, deux coffres, un dressoir à deux battants

25

4

Lit

Un bois de lit de chêne, trois pièces de rideaux en toile, une baillière en toile, un lit de plume de dinde et un autre de plume d’oie, une couverture de laine blanche et deux draps de toile

2 couvertures de telon, un berceau

84

 

 

 

 

10

13,5

Linge de maison et lessive

11 draps, 3 nappes, 4 essuie-mains, une taye

Un fer à repasser, un cuvier et sa selle

83

13,3

Vêtements de Jean-Claude Prieur

Un habit de serge bleue, trois vestes deux de serge bleue, une de telon, trois culottes une de panne, une de telon, une d’étamine, un gilet de cotonnade, 11 chemises

48

7,7

Vêtements de Marie Mercier

Un jupon de calmade, deux corsets un de coton et un de retors gris, trois tabliers un de retors, un d’indienne, un de cotonnade, 20 chemises, une paire de souliers

62

9,9

Vêtements de Marie Jeanne Mercier, mineure

4 petites chemises de toile et un petit corps

2

 

Laiterie

Deux barattes, une crémière, 13 pots à lait, un couloir à lait, un plat à beurre, une balance,  une potine contenant 21 livres de beurre (10 l 16 s)

 

 

Activités de filage

Deux rouets, un dévidoir, 7 fuseaux, une braye à chanvre, un paquet de fil de brin et 17 livres de filasse

 

 

Cheptel

Une vache sous poil rouge

25

4

Basse- cour

4 poules, 5 petits poulets, un coq

 

 

Cidre

une rondelle de petit cidre, un pressoir

 

 

Réserves

3 poinçons de fruits, deux septiers de méteil

60

 

Bois chauffage et charpente

22 chevrons, une poutre, 6 pièces de bois

38 fagots et un monceau bois à bruler

49

 

15

 

 

Annexe n° 2

 

Etabli à partir de l’inventaire après décès de Jean Glon. 10/7/1765 étude   Boullay 2E 65/458 A.D.E.L

Postes mobiliers

Description

Valeur en livres

Pourcentage des biens mobiliers

Cheminée

Deux crapotins, deux chenets, une pelle à feu, une paire de pincettes, un trépied, un porte-poêle

 

 

Eclairage

Une lanterne, un chandelier

 

 

Cuisson

Un poêlon, 2 poêles, 4 marmites, 5 chaudrons, 2 pelles à four, une rôtissoire à pain, une paire de fer à gaufres, une cuillère à pot, une à bouillie

 

 

Eclairage

Une lanterne, un chandelier

 

 

Vaisselle

24 pièces de poterie et 12 pièces de vaiselle de faïence tant plates que creuses, 8 livres pesantes de vaisselle d’étain, 10 fourchettes, 9 gobelets deux tasses en verre blanc, une jatte, un saladier

 

 

Sel

une saulnière, un grugeoir

 

 

Meubles

Une table ovale, 7 chaises de bois blanc, 2 selles, 2 bancelles,  une huche chêne, 4 coffres, deux coffres antiques, 2 bahuts

30

3,7

Lit

Un bois de lit à quatre quenouilles avec une paillasse entaillée, deux petits lits, un traversin de plumes mêlées, un oreiller entayé de toile, une couverture de vieille laine blanche, deux draps de toile commune, deux tringles de fer et cinq morceaux de toile servant de rideaux.

Un autre bois de lit à quatre quenouilles équipé sensiblement de la même façon.

Une mauvaise couchette

Un berceau avec sa courtine (rideaux servant à dissimuler et à décorer)

 

25

 

 

 

 

 

 

 

20

 

 

 

 

 

 

5,6

Linge de maison et lessive

14 draps,  7 nappes, 3 serviettes,

2 fers à repasser, un cuvier, sa selle, son tuyau à lessive et un charrier

 

35

 

4,4

Vêtements d’Etienne Jean Glon

Un habit de serge trémé sur étain, deux vestes de bazin, une culotte de telon, 8 cols, 13 chemises, une perruque

 

22

 

2 ,7

Laiterie

Une baratte, deux civières à fromage, deux cagerottes, un plat à beurre

 

 

Cheptel

Un cheval sous poil noir de 5 ans, un autre sous poil jaune

4 vaches, un veau

49 bêtes à laine

2 porcs noturnes

6 essaims à mouches (ruches)

130

 

115

80

 

 

 

40,9

 

Matériel agricole

Une charrue, un charty à gerbe, un banneau, deux mauvaise herses

      50

6,2

Basse- cour

Un coq, 9 poules, une cane, neuf canetons

 

 

Cidre

3 poinçons de cidre commun et plusieurs pipes et rondelles vides

35

4,4

Réserves

17 minots de méteil

36

4,5

Récoltes

5 arpents de froments et méteil

5 arpents d’avoine

        84

10,8

Bois chauffage

212 fagots

16

 

 

Annexe n° 3

 

Etabli à partir des scellés apposés le 20/5/1781 lors du décès de Germain Heurtault aux Alleux à Vaupillon.  Justice seigneuriale de La Loupe B 3115 A.D.E.L

Postes mobiliers

Description

Cheminée

Deux chenets de fonte, une pincette

Cuisson

Un poêlon, une poêle 2 marmites, un chaudron, un grill, une rôtissoire à pain,  une pelle à four, une cuillère à pot

Eclairage

Une lanterne, un chandelier

Vaisselle

15 pièces de poterie plates et creuses, 6 fourchettes, une carafe de verre blanc, 2 potines de grés, une pinte en étain,  4 bouteilles

Sel

Une chaise à sel

Meubles

Une table sur châssis dormant, 6 chaises, deux huches de chêne, un coffre, un dressoir à deux battants

Lit

Un bois de lit à hauts piliers garni d’une paillasse, d’un lit de plume d’oie entaillé de toile, deux draps, un traversin, une mauvaise couverture, trois morceaux de rideau

Un autre bois de lit garni à hauts piliers garni d’une paillasse, trois morceaux de rideau

Un lit avec un traversin

Linge de maison et lessive

2 nappes, un cuvier

Activités de filage

Deux rouets, un dévidoir

Cheptel

Une vache, un taureau, un veau

Gros matériel agricole

Un charty, un banneau

Basse- cour

4 poules

 

 



[1] La situation géographique de la ferme tuilerie des Châtelets en est la raison.

[2] Orthographe de son nom dans son inventaire après décès, son nom de famille est aussi connu sous la forme Angoulvant dans d’autres documents. 19/03/1792 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/517 A.D.E.L

[3] Nous leur adressons un grand merci collectif.

[4] https://www.geneanet.org

[5] Concernant la taille, principal impôt sous l’Ancien Régime, nous renvoyons à la présentation que nous avons fait de cette source dans « Composition sociale de la  paroisse de Bretoncelles de la fin du XVII e au XVIII e siècle : le niveau de vie. » sur ce bloget surtout à Annie Antoine « Terre et paysans en France aux XVIIe et XVIIIe siècles ».  Ophrys 1998 p 79 et suivantes.

[6]  Rôles des tailles de la paroisse de Bretoncelles 1681 B 2156 A.D.E.L

[7] Derrière François Tremblay, laboureur fermier à Orgeval, Teinturier Pierre et à égalité avec Pierre Larue et son fils, laboureur à la Bazolière. Rôles des tailles de la paroisse de Bretoncelles 1681 B 2156 A.D.E.L

[8] 12 mai 1667 Registres paroissiaux de Bretoncelles Mariages 1665-26 nov. 1668 3NUMECRP61/EDPT493_17 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[9] 30 avril 1669 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S  1669-1671- 3NUMECRP61/EDPT493_22 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[10] Rôles des tailles de la paroisse de Bretoncelles 1707 B 2204 A.D.E.L

[11] Distant d’environ 2 kilomètres des Châtelets.

[12] 5/2/1732 Registres paroissiaux de Saint-Victor-de-Buthon B.M.S 1728-1740 3E 362/005 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28.fr

[13] 9/4/1738 Registres paroissiaux de Saint-Victor-de-Buthon B.M.S 1728-1740 3E 362/005 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28.fr

[14] Rôles des tailles de la paroisse de Bretoncelles 1731 en fait 1729 B 2283 A.D.E.L

[15] Rôles des tailles de la paroisse de Bretoncelles 1737 B 2299 et 1743 B 2313 A.D.E.L

[16] Rôles des tailles de la paroisse de Bretoncelles  1753 B 2334 A.D.E.L

[17] Rôles des tailles de la paroisse de Bretoncelles 1743 B 2313 A.D.E.L

[18] Rôles des tailles de la paroisse de Bretoncelles 1737 B 2299 A.D.E.L

[19] Rôles des tailles de la paroisse de Bretoncelles 1753 B 2334 A.D.E.L

[20] Toutes ces données sont tirées du bail du 27/12/1776 notariat de La Loupe, étude Mousseau   2E 65/482 A.D.E.L

[21] Adjudication des récoltes du bordage du Chêne Lizé16/7/1793 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65 / 519 A.D.EL

[22] Les études des généalogistes mentionnent des actes à Argenvilliers et Saint-Jean-Pierre-Fixte, deux communes d’Eure-et-Loir  situées respectivement à 25 et 20 kilomètres de Bretoncelles. https://www.geneanet.org

[23] 10/2/1722. Registres paroissiaux de la paroisse de Notre-Dame de Nogent-le-Rotrou B.M.S 1721-1722 GG 36 A.D.E.L http://www.archives28.fr

[24] La date de décès (10/2/1736) nous est donnée par un généalogiste. https://www.geneanet.org Néanmoins, nous n’avons pas retrouvé cet acte, le registre paroissial de Saint-Jean-Pierre-Fixte comporte une lacune à cette date. http://www.archives28.fr

[25] 3/5/1738 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1737-1738 3NUMECRP61/3E2_061_2_4 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[26] Bail du 8/2/1757 notariat de La Loupe, étude  Mullot 2E 64/55 A.D.E.L

[27] Rôles des tailles de la paroisse de Bretoncelles 1707 B 2324 A.D.E.L

[28] Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1764-1766 3NUMECRP61/3E2_061_2_4  A.D ORNE http://archives.orne.fr

[29] Bail du 31/5/1757 notariat de La Loupe, étude Rousseau   2E 65/451 A.D.E.L

[30] Acte de vente du 13/8/1757 notariat de La Loupe, étude Rousseau   2E 65/451 A.D.E.L

[31] Vente du 5/6/1758 notariat de La Loupe, étude  Mullot 2E 64/56 A.D.E.L

[32] Transaction du 8/11/1759 notariat de La Loupe, étude Rousseau   2E 65/452 A.D.E.L

[33] L’importance du cheptel laisse à penser que nous sommes dans le cas d’un bail à tout moitié et que Etienne Jean Glon serait en fait propriétaire d’une partie des animaux. L’acte de transaction indique que ce dernier avait fait une avance de 260 livres pour faire valoir le dit bordage, somme venant s’ajouter aux termes non réglés mais cela reste une hypothèse.

[34] Vente du 31/12/1759 notariat de La Loupe, étude  Mullot 2E 64/57 A.D.E.L

[35] Echange du 18/05/1762 notariat de La Loupe, étude  Mullot 2E 64/60 A.D.E.L

[36] Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1754-1759 3NUMECRP61/EDPT493_39_21754-1759 A.D ORNE http://archives.orne.fr Marie Sagot vit le jour le 26 août 1737 B.M.S 1686-1790  La Ferrière au Val Germond - Fontaine-Simon 3 E 156/001 http://www.archives28.fr

[37] Claude Sagot l’aîné fut aussi meunier comme de son père et ses fils.

[38]Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S  1763 3NUMECRP61/3E2_061_4_1 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[39] 10 juillet 1765 notariat de La Loupe, étude Mousseau   2E 65/458 A.D.E.L

[40] 16/7/1755 1754-1759 3NUMECRP61/EDPT493_39_2  A.D ORNE http://archives.orne.fr

[41] 24/7/1755 Registres paroissiaux de Belhomert/Guehouville B.M.S 1749-1771 3E 362/005 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28.fr

[42] 6/4/1756 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1754-1759 3NUMECRP61/EDPT493_39_2 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[43] Evoquée dans le bail du 27/12/1776 notariat de La Loupe, étude Mousseau   2E 65/482 A.D.E.L

[44] Ibid.,

[45] 23/3/1775  Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1772-1779 3NUMECRP61/EDPT493_41 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[46] Germain à un an, Germain François à 2 ans et Louis Germain à 16 ans d’après Registres paroissiaux de Bretoncelles. A.D ORNE http://archives.orne.fr

[47] Marie Jeanne à 13 mois, Marie Louise à 5 ans, Marie Madeleine à 8 ans d’après Registres paroissiaux de Bretoncelles. A.D ORNE http://archives.orne.fr

[48] D’après Angelina  Alleaume https://www.geneanet.org

[49] 16/6/1774 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1772-1779 3NUMECRP61/EDPT493_41 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[50] Jeanne Bellois décéda la 1/7/1780 à 48 ans Registres paroissiaux de Vaupillon B.M.S 1772-1790  3E 401/005 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28.fr

[51] Scellés du 20/5/1781 Justice seigneuriale de La Loupe B 3115 A.D.E.L

[52] Chapitre rédigé en s’appuyant sur les données généalogiques Elisabeth Mallèvre Lagrange https://www.geneanet.org et nos dépouillements des registres paroissiaux de Bretoncelles.

[53] 4/1/1748 Registres paroissiaux de Coulonges-les-Sablons BMS-1747-1766-125/EDPT378-11 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[54] 22/1/1774 Registres paroissiaux de Bretoncelles BMS-1772-1779-61/EDPT493-41 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[55] En se basant sur l’âge de son décès à 61 ans à La fosse à Bretoncelles, le 13 février 1815. Registres des décès de Bretoncelles 1807-1815-61/3E2-061-37 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[56] Deux un jour après la naissance, un deux jours après.

[57] Commune d’Eure-et-Loir a 11 kilomètres de Bretoncelles

[58] 26/2/1696 d’après Eliane Lachaize https:/ /www.geneanet.org

[59] Commune de l’Orne a 9 kilomètres de Bretoncelles.

[60] 7/2/1728 d’après Eliane Lachaize https:/ /www.geneanet.org

[61] Cette commune fut partagée en 1846 entre Meaucé et le Pas-Saint-l’Homer.

[62]9/11/1734 Registres paroissiaux du Pas-Saint_l’Homer B.M.S 1719-1746 3NUMECRP323/EDPT261_14_1 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[63] Registres paroissiaux de Vaupillon B.M.S 1772-1790 3E 362/007 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28

[64] Inventaire après décès de Marie Angoullevant, 19/03/1792 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/517 A.D.E.L

[65] Bail du 27/12/1776 notariat de La Loupe, étude Mousseau   2E 65/482 A.D.E.L

[66] Adjudication des récoltes du bordage du Chêne Lizé16/7/1793 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65 / 519 A.D.EL

[67] On le retrouvera, après avoir vécu à Coulonges-les-Sablons marié à Cottereau Marie Jeanne, meunier au Petit Moulin de Bretoncelles en 1804 01 18

[68] Le mariage eut lieu aux environs de 1786 d’après l’inventaire après décès.

[69] C’est l’aîné, il est marié depuis environ cinq ans d’après l’inventaire après décès.

[70]3/11/1792 Bretoncelles Registres paroissiaux de Bretoncelles BMS 1788-1792 3NUMECRP61/EDPT493_43_2  A.D ORNE http://archives.orne.fr

[71] Mariée depuis environ un an d’après l’inventaire après décès.

[72] D’après son acte de décès  19 nivôse an 12 (10/1/1804) Registre d’état civil de Saint-Victor-de-Buthon N.M.D 1801-1805 3 E 362/011 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28.fr

[73] Le mariage date en effet de 6 semaines.

[74] 19/9/1815 Registre d’état civil de VaupillonN.M.D 1811-1816 3 E 401 008 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28.fr

[75] Passé le 19 novembre 1789 pour 3 ou 6 ans, moyennant un bail de 400 livres, cette tuilerie propriété de Madame la princesse douairière de Chimay, Dame de Montireau  se composait d’un corps de bâtiment habitable contenant seulement une chambre à feu, d’un bas côté, une étable, un jardin et un clos à chanvre, d’un fourneau et de deux halles. Bail du 19/11/1789 notariat de La Loupe, étude   Mousseau 2E 65/507 A.D.E.L

[76] Procès verbal de la visite de la ferme tuilerie des Châtelets 25/10/1785 notariat de La Loupe, étude   Mousseau 2E 65/499 A.D.E.L

[77] Marie Jeanne Charlotte Vivant apparaît assez souvent dans les notariés de La Loupe.

[78] Mangeoire à l'usage des bestiaux, installée le long du mur de l'étable, de l'écurie ou de la bergerie. http://stella.atilf.fr

[79] Tasserie, subst. fém., région. (Normandie, Canada). Grenier, partie d'une grange où l'on entasse les gerbes de blé. http://stella.atilf.fr

[80] Plan cadastral de Bretoncelles dit napoléonien Document 3P2-061/15  Section L (1826) AD0613NUM01_3P206115_DL.JPG A.D ORNE http://archives.orne.fr

[81] Procès verbal de la visite de la ferme tuilerie des Châtelets 25/10/1785 notariat de La Loupe, étude   Mousseau 2E 65/499 A.D.E.L

[82] Bail du 27/12/1776 notariat de La Loupe, étude Mousseau   2E 65/482 A.D.E.L

[83] Inventaire après décès d’Hubert Feron 20 mai 1789 notariat de La Loupe, étude  Boullay 2E 65/514 A.D.E.L

[84] Il s’agit de Marie Jeanne Charlotte Vivant, maîtresse de la poste aux chevaux de la Loupe.

[85] Bail du 27/12/1776 notariat de La Loupe, étude Mousseau   2E 65/482 A.D.E.L

[86] Idib.,

[87] Le bail prévoyait le marnage de 4 arpents par an soit 36 pour la durée d’occupation, seuls 30 avaient effectué.

[88]  Le fermier devait planter entre 10 et 12 arbres fruitiers par an, cette clause n’avait rempli qu’en partie.

[89] Marie Brette est décédée dans la nuit du 21 au 22 mai, la présence de son cadavre est signalée sur la bière par les autorités (le bailly, le procureur, le greffier et l’un des huissiers de la Châtellenie de Vaupillon). Ces derniers font  leurs prières pour le repos de la défunte avant d’apposer les scellés.

[90] Pour plus de détails, nous renvoyons aux recherches généalogiques de Patrick Lipphardt sur lesquelles nous nous sommes appuyées pour compléter notre documentation, qu’il en soit remercié. https://www.geneanet.org

[91] 31/07/1731 Nogent-le-Rotrou Paroisse Notre-Dame.  Patrick Lipphardt https://www.geneanet.org

[92] Antoine Feron était présent au mariage et à l’inhumation d’Enselme Feron, son frére. Sa qualité de tuilier à Gaumert, paroisse Notre-Dame de Nogent-le-Rotrou, nous est connu par l’intermédiaire d’un document recensé dans les titres et papiers de l’inventaire après décès d’Enselme Feron du 28/11/1776 Notariat de La Loupe Etude Boullay  2 E 65/482 A.D.E.L

[93] Patrick Lipphardt https://www.geneanet.org

[94] Idib.,

[95] Etat civil de Nogent-le-Rotrou 1801-1802 3E 280/041 A.D Eure et Loir http://www.archives28.fr

[96] Vente du 25/4/1759 notariat de La Loupe, étude Rousseau    2E 65/452 A.D.E.L

[97] 1/04/1771 dans titres et papiers de l’inventaire après décès de d’Hubert Feron 20 mai 1789 notariat de La Loupe, étude  Boullay 2E 65/514 A.D.E.L

[98] D’après les scellés apposés le 22 mai 1731 Justice seigneuriale de La Loupe B 612 A.D.E.L Etat civil de Nogent-le-Rotrou 1801-1802 3 E 280/041

[99] Un troisième lit se trouvait dans l’écurie, il s’agissait d’une couchette de bois de chêne avec un petit lit de plumes d’oye, deux draps de canevas et une mauvaise couverture probablement à l’usage d’un domestique.

[100] Ce chapitre est rédigé à partir de l’inventaire après décès de Marie Angoullevant, 19/03/1792 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/517 A.D.E.L complété par celui d’Hubert Feron 20 mai 1789 notariat de La Loupe, étude  Boullay 2E 65/514 A.D.E.L

[101] Et très souvent unique.

[102] Ce panel de 55 inventaires après décès établis après la mort d’un laboureur ou de son épouse s’étale entre 1800 et 1770. Il concerne les personnes ayant vécu à Bretoncelles et dans les environs. (Principalement : Bretoncelles 7, Dorceau 6, Saint-Eliph et Meaucé 5, Moutiers -au-Perche 19). Pour des raisons statistiques, nous ne pouvions pas nous limiter à Bretoncelles d’autant qu’à quelques kilomètres de distance, les conditions de vie à statut social égal ne sont pas très différentes. La surreprésentation de Moutiers-au-Perche tient à un biais dans la documentation, le fond notarial de Bretoncelles étant extrêmement lacunaire, il a fallu se rabattre sur ceux de Moutiers-au-Perche, Rémalard, et La Loupe. Ce panel a vocation à croître au fur et à mesure de nos dépouillements archivistiques.

[103] Il y avait 21 fourchettes et 37 assiettes dont 16 en étain chez Hubert Feron.

[104] Petit banc long et étroit, sans dossier, à deux ou à quatre pieds. http://www.cnrtl.fr/definition/bancelle

[105] Leur acquisition peut-être plus ancienne.

[106] Inventaire après décès de Michelle Richardeau, 9/12/1780 notariat de La Loupe, étude Creveux   2E 64/68 A.D.E.L

[107] « six draps de canevas et onze autres draps de toile  commune», dans l’armoire « deux draps de toile de ménage » dans un lit. Inventaire après décès de Marie Angoullevant, 19/03/1792 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/517 A.D.E.L «  vingt-six draps de toille de diferentes elaizes ert grandeurs en partye usés estimés au total a quatre-vingt trois livres un sol » Inventaire après décès  d’Hubert   20 mai 1789 notariat de La Loupe, étude  Boullay 2E 65/514 A.D.E.L

[108] Françoise Waro-Desjardins « La vie quotidienne dans le Vexin au XVIIIè  siècle »société d’histoire de Pontoise. 1996. p 240

[109] Les quantités étaient aussi conséquentes dans l’inventaire après décès de Michelle Richardeau, première épouse d’Hubet Feron, neuf ans avant. 9/12/1780 notariat de La Loupe, étude Creveux   2E 64/68 A.D.E.L

[110] Ibid.,

[111] Le doute subsiste, on y trouve une vieille huche, une vieille table, une marmitte mais aussi du matériel pour travailler le chanvre et des planches de bois blanc et de chêne.

[112] Uniquement de la cendre et un tuyau à lessive figurent chez Hubert Feron.

[113] « Étoffe légère et souple caractérisée par sa tissure très lâche et servant à confectionner des vêtements, des rideaux, des voiles, des drapeaux, etc. Étamine noire; étamine de coton, de laine; drapeau, robe d'étamine. » http://www.cnrtl.fr/definition/étamines//1

[114] « Tissu de laine ou de coton gratté, chaud, doux et moelleux, ressemblant à une flanelle épaisse et que l'on utilise notamment pour doubler les vêtements. » http://www.cnrtl.fr/definition/molleton

[115] « Étoffe (de laine, soie, coton) travaillée comme le velours, dont le poil plus long et moins serré est couché, et qui sert dans la confection de vêtements ou dans l'ameublement. » http://www.cnrtl.fr/definition/panne

[116] « Étoffe grossière de laine ou généralement de serge moitié fil et moitié laine, formant une sorte de drap mince et étroit. » http://www.cnrtl.fr/definition/droguet

[117] Jacques Richard, cordonnier bretoncellois : cadre de vie et activité professionnelle,   dans ce blog.

[118] La ferme tuilerie des Châtelets : description des lieux.

[119] Inventaire après décès d’Hubert Feron 20 mai 1789 notariat de La Loupe, étude  Boullay 2E 65/514 A.D.E.L

[120] 19/03/1792 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/517 A.D.E.L

[121] Bail du 27/12/1776 notariat de La Loupe, étude Mousseau   2E 65/482 A.D.E.L

[122] L’arpent à Vaupillon vaut 0,49 hectares contre 0,6595 à Bretoncelles.

[123] Inventaire après décès d’Hubert Feron 20 mai 1789 notariat de La Loupe, étude  Boullay 2E 65/514 A.D.E.L

[124] « deux bœufs estimés avec ses jou et corroye …. » à 280 livres  chez Charles Lormeau laboureur à Bretoncelles Inventaire après décès du 5/11/1788 Notariat de Moutiers-au-Perche, étude Charpentier 4 E 184/351 A.D.O

[125] La variation du nombre des laboureurs est liée à l’avancement de l’étude des inventaires dépouillés.

[126] Il s’agit des animaux par opposition au cheptel mort qui fait référence aux instruments de travail agricole. Les moyennes portent sur  62 laboureurs pour les chevaux,  68 pour les vaches et bovins, 63 pour les ovins. Nous n’avons pas retenu les inventaires n’ayant pas au moins un élèment. Le nombre minimal d’ovins est de 3.

[127] Compte et règlement de communauté suite démission de Michel Vavasseur, laboureur à Rémalard 5/4/1785 Notariat de Rémalard, étude Buerion ? 4 E 205 /77 A.D.O

[128] Inventaire après décès de Marie Angoullevant, 19/03/1792 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/517 A.D.E.L

[129] Notons aussi la présence 5 minots de pois, d’un minot de fèves, 2 minots de vesces et poids gris pour les porcs.

[130] Ajoutons un lot de pois, fèves et lentilles.

[131] Une estimation, à prendre avec précaution, nous donnerait 3 100 litres de boisson. (La pipe pouvant contenir 400 livres et le poinçon de La Loupe 214 litres).

[132] Le cidre était estimé à 179 livres en 1780 au décès de son épouse.

[133] Les quantités évoquées sont celles estimées à un moment T,  ainsi en 1780, on trouvait aux Alleux 113 livres pesantes de fils de différentes sortes pour un montant de 101 livres tournois.

[134] Cage à fromage. https://fr.wiktionary.org/wiki/chazère

[135] Forme en osier pour égoutter les fromages http://artflx.uchicago.edu/cgi-bin/dicos/pubdico1look.pl?strippedhw=cagerotte&dicoid=LITTRE1872

[136] http://dossiers.inventaire.poitou-charentes.fr/le-patrimoine-industriel/index.html

[137]https://inventaire.poitou-charentes.fr/operations/le-patrimoine-industriel/125-decouvertes/989-les-procedes-la-fabrication-des-tuiles-et-des-briques

[138] Ibid.,

[139] Inventaire.poitou-charentes.fr/operations/le-patrimoine-industriel/125-decouvertes/988-schemas-des-fours-des-tuileries-briqueteries

[140] Bail du 27/12/1776 notariat de La Loupe, étude Mousseau   2E 65/482 A.D.E.L

[141] Bail du 19/11/1789 notariat de La Loupe, étude   Mousseau 2E 65/507 A.D.E.L

[142] Bail et héritages des mineurs de Germain Heurtault et Geneviéve Bellois 30/6/1781 Justice seigneuriale de la Loupe B 3115 A.D.E.L

[143] Inventaire après décès de Marie Angoullevant, 19/03/1792 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/517 A.D.E.L

[144] Comme le fait en 1760, Claude Theolière, tuilier aux Alleux à Vaupillon, peut-être le prédecesseur d’Hubert Feron, il se porte acquéreur d’une coupe de 15,25 arpents de bois taillis appartenant au seigneur de La Loupe pour un prix de 60 livres l’arpent  soit un total de 915 livres. Vente du 24/4/1760 notariat de La Loupe, étude  Rousseau 2E 65/452 A.D.E.L

[145] Inventaire après décès de Marie Angoullevant, 19/03/1792 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/517 A.D.E.L

[146] Vente du 29/1/1771 notariat de La Loupe, étude  Mousseau 2E 65/470 A.D.E.L

[147] Vente du 17/12/1771 notariat de La Loupe, étude  Mousseau 2E 65/471 A.D.E.L

[148] Bail du 19/11/1789 notariat de La Loupe, étude   Mousseau 2E 65/507 A.D.E.L

[149] En 1780, les cinq créanciers de nogentais lui devaient 463 livres,  et les trois de Villeray 193. 

[150] Fretigny, Les Murgers : un créancier. Inconnu : 4.

[151] Les Murgers : un créancier. Inconnu : 1.

[152] Inventaire après décès d’Hubert, il prend 20 mai 1789 notariat de La Loupe, étude  Boullay 2E 65/514 A.D.E.L

 

[153] Reportée  car impossible en l’état de la croissance des plantes.

[154] Total partiel en absence du montant des certaines dettes.

[155] Hervé Bennezon Montreuil sous le régne de Louis XIV. Un village à l’ombre de Paris. Les Indes savantes Paris 2008

[156] Nous comprenons la valeur des objets au sens large des biens mobiliers incluant cheptel vif, contenu des greniers

[157] Inventaire après décès de Marie Angoullevant, 19/03/1792 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/517 A.D.E.L

[158] 18/3/1769 Registres paroissiaux de Bretoncelles BMS 1768-1769 3NUMECRP61/EDPT493_40_3  A.D ORNE http://archives.orne.fr

[159] François Heurtault est né le 14/10/1730 à Bretoncelles, il épouse le 17/1/1759 à Bretoncelles Renée Dutartre, il meurt à Bretoncelles le 5/6/1797 à 60 ans d’après Olga Rousseau. https://www.geneanet.org

[160] 1/1/1759 Registres paroissiaux de Bretoncelles BMS 1754-1759 3NUMECRP61/EDPT493_39_2  A.D ORNE http://archives.orne.fr

[161] Mariage le 26/2/1754, inhumation le 23/7/1762. Registres paroissiaux de Bretoncelles BMS 1754-1759 3NUMECRP61/EDPT493_ 39_2 et BMS 1760-1762 3NUMECRP61/EDPT493_40_1   A.D ORNE http://archives.orne.fr

[162] Il s’agit du tiers de la moitié d’une écurie et d’un jardin, trois perches de noue et 16, 5 perches de terres labourables.  Pour une somme de 24 livres. Ces modestes biens sont cédés à François Lecointre de deuxième mari de Jacqueline Jumeau. 16/3/1762 Notariat de La Loupe, étude Mullot 2E 64/60 A.D.E.L

[163] Bail et héritages des mineurs de Germain Heurtault et Geneviéve Bellois 30/6/1781 Justice seigneuriale de la Loupe B 3115 A.D.E.L

[164] 2/5/1780 Registres paroissiaux de Vaupillon. BMS 1772-1790. 3E 401/005 A.D Eure et Loir http://www.archives28.fr

[165] Originaire de Bretoncelles, il vit au moment de son mariage à St-Victor-de-Buthon.

[166] 20/7/1761 Registres paroissiaux de Bretoncelles BMS 1760-1762 3NUMECRP61/EDPT493_40_1  A.D ORNE http://archives.orne

[167] 6/2/1747 Registres paroissiaux de Saint-Victor-de-Buthon. BMS 1741-1752. 3E 362/006 A.D Eure et Loir http://www.archives28.fr

[168] 17/8/1772 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1772-1779 3NUMECRP61/EDPT493_41 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[169] Marie Jacqueline le 12/11/1780, Jean Pierre 6/9/1782, Charles Augustin 14/8/1784 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1780-1786 3NUMECRP61/EDPT493_42 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[170] « Vivant tuilier » Bail du 9/7/1793 Notariat de La Loupe, étude Boullay 2E 65/519 A.D.E.L

[171] 14/11/1784 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1780-1786 3NUMECRP61/EDPT493_42 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[172] 6/4/1756 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1754-1759 3NUMECRP61/EDPT493_39_2 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[173] 16/6/1774 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1772-1779 3NUMECRP61/EDPT493_41 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[174] Il apparaît sous ce terme en 1792 dans l’inventaire après décès de Jean-Claude Prieur aux chapitres des dettes pasives pour 40 livres de marchandises de tuiles. 22/10/1772 Notariat de La Loupe, étude Boullay 2E 65/517 A.D.E.L

[175] Les biens appartiennent aux enfants de Michel Guérin et Louise Richardeau. 21/4/1789 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/514 A.D.E.L

[176] 19/3/1793 notariat de La Loupe, étude Boullay   2E 65/519 A.D.E.L

[177] Le mobilier se composait de meubles, (une huche, un coffre, une commode, quatre chaises) un lit complet, des draps, de la vaisselle et un matériel de cuisson, une baratte, un rouet, un cuvier, des futs et un pressoir.

[178] Vente du 2 floréal (21/4/179) Notariat de Moutiers-au-Perche Etude Charpentier 4E 184/356 A.D.O

[179] Le couple habite toujours  dans ce hameau en 1799. Nous ne lui connaissons qu’une sœur, décèdée en 1774 voir Eliane Pignard-Lachaize https://gw.geneanet.org

[180] 28/11/1765 Registres paroissiaux de Vaupillon. BMS 1751-1771. 3E 401/004 A.D Eure et Loir http://www.archives28.fr

[181] 11/10/1774 Registres paroissiaux de Vaupillon. BMS 1772-1790. 3E 401/005 A.D Eure et Loir http://www.archives28.fr

[182] Inventaire après décès d’Enselme Feron 28/11/1776 Notariat de La Loupe, étude Boullay 2E 65/482 A.D.E.L

[183] Idib.,

[184]  Bail du 19/11/1789 notariat de La Loupe, étude   Mousseau 2E 65/507 A.D.E.L

[185] Inventaire après décès de Jean-Claude Prieur 22/10/1792 étude   Boullay 2E 65/517 A.D.E.L

[186] Respectivement : 19/2/1783, 7/1/1786, 23/5/1786, 4/2/1791 titres et papiers [186] Inventaire après décès de Jean-Claude Prieur 22/10/1792 notariat de La Loupe étude   Boullay 2E 65/517 A.D.E.L

[187] La nature de cettaines  dettes actives n’est pas indiquée.

[188] Inventaire après décès d’Etienne Jean- Glon  10/7/1765 notariat de La Loupe étude Mousseau  2E 65/458 A.D.E.L

[189] 26/8/1765 Registres paroissiaux de Saint-Victor-de-Buthon B.M.S 1753-1765 3E 362/007 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28.fr

[190] Dans le sens d’homme de confiance, associé.

[191] Le curateur est Nicolas Gueny un laboureur de Margon.

[192] Les dettes actives de la succession du couple indiquent un somme de 24 livres restant d’un compte entre la veuve Glon et Germain Heurtault, nouveau tuilier des Châtelets. Et une autre de 19 livres 2 sols restant sur la fourniture de tuiles.

 

[193] 28 janvier 1768 Registres paroissiaux de Saint-Victor-de-Buthon B.M.S 1753-1765 3E 362/007 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28.fr

[194] 11/12/1771 Registres paroissiaux de Saint-Victor-de-Buthon B.M.S 1766-1778 3E 362/008 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28

[195] Transaction et partage, succession de Claude Sagot second du nom, 24/1/1788  notariat de La Loupe, étude Mousseau 2E 65/504 A.D.E.L

[196] 15/3/1762  Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1764-1766 3NUMECRP61/3E2_061_2_4  A.D ORNE http://archives.orne.fr

[197] 1/1/1760  Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1760-1762 3NUMECRP61/EDPT493_40_1  A.D ORNE http://archives.orne.fr

[198] 18/7/1787 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1787 3NUMECRP61/3E2_061_5 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[199] 12/9/1796 Registres paroissiaux de Saint-Victor-de-Buthon B.M.S 1793 An III 3E 362/009 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28.fr

[200] 30/3/1763  Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1763 3NUMECRP61/3E2_061_4_1 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[201] Son cadavre reposait sur un lit lors de l’apposition des scellés.

[202] 20 mai 1781 Registres paroissiaux de Vaupillon B.M.S 1772-1790  3E 401/005 A.D Eure-et-Loir http://www.archives28.fr

[203] Bail et héritages des mineurs de Germain Heurtault et Geneviéve Bellois 30/6/1781 Justice seigneuriale de la Loupe B 3115 A.D.E.L

[204] Notons la présence parmi les enchérisseurs de la tuilerie de Jean-Claude Prieur dont la surface financière n’était pas en mesure de rivaliser avec Hubert Feron.

[205] Ce qui n’est propre uniquement à ce groupe.

[206] En particulier quand cesse la production de tuiles.