L’affaire sur laquelle s’appuie notre étude n’a rien de très originale. Les documents que nous allons utiliser proviennent du fond de la justice seigneuriale de La Loupe. Il s’agit de l’histoire d’une jeune fille séduite puis abandonnée enceinte. Comme nous l’avons déjà évoqué avec les sources judiciaires, plusieurs lectures sont possibles. La première relève bien sûr du rendu de la justice. La procédure étant complète, il n’est pas sans intérêt de voir comment l’institution seigneuriale se positionnait face à ce désordre de l’ordre social et moral. Le deuxième thème que l’on peut aborder, grâce à la déposition des 17 témoins entendus par le juge, porte sur certains aspects des relations sentimentales avant le mariage entre deux jeunes personnes au cours des années 1780 dans la campagne percheronne. Elles nous renseignent sur ce que Jean-Louis Flandrin a nommé dans un de ses ouvrages : « Les amours paysannes ». [1] Nous pouvons, de ce fait répondre à quelques questions comme où et quand se nouaient et se développaient les histoires amoureuses.

Jean Boullay devant la justice : « Une plainte en recherche de mariage »[2] 

Cette affaire débute en 1782 lors de l’engagement des deux protagonistes comme domestiques au couvent d’Arcisses à Brunelles en Eure-et-Loir[3]. Elle trouve son dénouement en juin 1785 avec la condamnation par le tribunal seigneurial de la Loupe de Jean Boullay. Dans l’espace de ces trois années, la procédure judiciaire occupe un peu plus d’un mois allant du dépôt de la plainte le 18 mai à la sentence le 23 juin. La période qui précède l’action de la justice nous conte, à travers le prisme de la déposition des témoins, certains aspects de la relation sentimentale des deux jeunes gens.

 Les protagonistes. 

Il est temps de faire connaissance avec les deux principaux acteurs de cette histoire. A la Saint-Jean-Baptiste 1782, Jean Boullay, fils de Jacques, laboureur et de Françoise David et Marie Jeanne Guyot, fille de Jean, bordager et de Marie Noëlle Festu sont engagés au couvent des Arcisses à Brunelles ; le garçon comme chartier, la fille en tant que domestique à la cuisine. Jean est âgé de 23 ans [4] et Marie Jeanne de 20 ans.[5] Tous deux habitent Coulonges-les-Sablons à 11 kilomètres de Brunelles. Se connaissaient-ils avant ? Nous l’ignorons mais cela n’est pas impossible. Existait-il déjà un début de relation sentimentale ? Peut-être. Toujours est-il qu’une idylle amoureuse, à l’initiative, semble-t-il, du garçon, va se développer entre les deux jeunes gens. Il nous semble utile d’expliquer le lien entre Jean Boullay et Bretoncelles. En 1785, au moment de sa mise en cause, ce dernier est domestique à Thivaux, probablement au moulin, et nous y reviendrons plus tard, c’est dans cette paroisse qu’il va vivre dorénavant.

La procédure judiciaire.

La plainte

Le présent chapitre s’attache à exposer les différentes étapes de la procédure judiciaire afin de voir comment la justice a traité ce problème. Signalons que le déroulement est tout à fait conforme aux habitudes de ces juridictions.L’action de cette dernière débute avec la plainte déposée par Jean Guyot au nom de sa fille le 18 mai 1785 contre Jean Boullay, à ce moment domestique à Thivaux à Bretoncelles. [6] Le motif de la requête est le suivant : sa fille Marie Jeanne a été « recherché en mariage » par Jean Boullay. Ce dernier par son assiduité « parvint à gagner son cœur ». Lui promettant le mariage, il réussit à la séduire. Le 30 mars 1785, la jeune fille, enceinte de 5 mois et demi des œuvres de Jean Boullay fit sa déclaration de grossesse après du marquisat de la Galaizière. En conclusion, Jean Guyot demandait l’assignation à comparaître de Jean Boullay devant le tribunal seigneurial et réclamait entre autres 1 000 livres de dommages et intérêts pour le tort porté à sa fille et 100 livres pour « les frais de gésine ». A la suite de cette requête, le Bailly assigna Jean Boullay à comparaître le 3 juin et accorda à Marie Jeanne une provision de 40 livres. L’attribution de cette provision, en attendant le résultat des investigations, était conforme aux usages judiciaires. « Les frais de gésine constituent une somme forfaitaire qui dans la sénéchaussée de La Flèche est fixée presque invariablement, entre 1740 et 1790 à 30 livres. »,  nous explique Anne Fillon. Elle ajoute « il s’agit d’une allocation un peu symbolique » au regard de l’évolution du coût de la vie même en 1740.[7]

Enfin, on peut observer qu’entre la déclaration de grossesse et la plainte du 18 mai, il s’écoule un mois et demi. On peut envisager que ce délai fut utilisé pour convaincre le père du futur enfant d’assumer ses responsabilités et que devant son refus, Jean Guyot saisit la justice.

 Déclarer sa grossesse.

 Il nous semble utile avant de poursuivre de revenir sur l’acte déclencheur de cette affaire dans son aspect judiciaire à savoir la déclaration de grossesse. Nous avons vu que c’est le 30 mars 1785 que Marie Jeanne Guyot signala sa situation auprès du marquisat de la Galaisiére.  En cela elle satisfaisait « à l’édit d’Henry II du mois de février 1556 sur le recel de grossesse, toutes les célibataires et veuves enceintes étaient vivement encouragées à déclarer leur état ; cette mesure, qui n’a jamais été obligatoire, visait à écarter toute présomption d’infanticide en cas de décès de l’enfant et donc par voie de conséquence de protéger les petits illégitimes. »[8]Les curés rappelaient régulièrement cette nécessité en chaire à la grande messe du dimanche, comme nous avons pu le constater dans les registres paroissiaux de Bretoncelles. La déclaration de grossesse pouvait être faite auprès du prêtre, d’un notaire ou de la juridiction judiciaire. Là encore, les registres paroissiaux de Bretoncelles en renferment un certain nombre, certes souvent au moment de l’accouchement, il en est de même des archives notariales et de la justice seigneuriale de La Loupe que nous avons dépouillées. Une étude de ce phénomène est envisagée lorsque nous disposerons d’un panel de cas suffisamment conséquent.

La déclaration auprès de l’autorité judiciaire s’inscrivait dans le cadre de la juridiction civile gracieuse. Dans le cas qui nous intéresse, il est fort probable que ce choix fut dicté par la volonté de donner plus de poids à la demande et donc de forcer Jean Boullay à épouser Marie Jeanne Guyot. Nous n’avons pas la déclaration d’origine de la jeune fille. Sa rédaction devait présenter les mêmes forme et contenu que celles que nous avons eu l’occasion de rencontrer dans le fond de La Loupe. A savoir, comme l’indique Fabrice Mauclair, pour l’essentiel le nom, le prénom de la future mère, son âge, sa profession, son lieu de domicile, le nom et le prénom de ses parents, s’ils étaient vivants ou non. L’acte précisait aussi la durée approximative de la grossesse et l’identité de « son auteur » si la mère le connaissait et acceptait de le donner.[9] Marie Jeanne donna-t-elle d’autres détails sur les circonstances de la conception ? Il est possible qu’elle se présentât comme une victime trompée par les promesses de Jean Boullay. Il est fort probable que la personne qui reçut sa déposition lui ait intimé l’ordre « de veiller à la sauvegarde de son fruit » de le faire baptiser et de l’élever « dans la religion catholique apostolique et romaine. »[10] Faire sa déclaration devant la justice répondait à d’autres objectifs. Elle permettait à la femme enceinte  « de se pourvoir en dommages et intérêts » et « en frais de gésine » contre le séducteur qui fuyait ses responsabilités, en vertu de l’adage « qui fait l’enfant doit le nourrir » et de préserver l’avenir de celui-ci. « Cette démarche est indispensable pour entamer une action en séduction (elle équivaut à une plainte) ».  [11] De fait, cette action relevant à l’origine de la justice civile gracieuse devient contentieuse avec ce prolongement civil ou pénal.  La déclaration de grossesse devant la justice pouvait amener le père de l’enfant à assumer ses responsabilités, dans le cas de Jean Boullay cela n’eut aucun effet.

L’audience du 4 juin 1785 : le réquisitoire des Guyot.[12]

Prévue initialement le 3 juin, c’est finalement le 4 en séance extraordinaire que le Bailly fait comparaître devant lui les parties. A savoir Jean Guyot assisté de Me Lormeau et Jean Boullay conseillé par Me Creveux. A l’appel de la cause, les demandeurs présentent en huit faits la chronologie des assiduités de Jean auprès de Marie Jeanne. Nous avons présenté ces derniers sous forme d’un tableau. Afin d’éviter les répétitions nous n’avons pas noté à chaque fois les expressions « agissait d’une manière familière », « luy prenait les mains », « l’embrassait »

« Pour venir à guagner son cœur » Jean Boullay :

Sans titre 1

L’accusation indique un certain nombre de faits qui, à cette époque, comme le note Anne Fillon sont considérés comme des preuves de l’attention que porte un garçon à une fille : payer à boire au cabaret ou raccompagner. Notons enfin que la date du 17 octobre 1784 pour un rapport sexuel est cohérente avec une déclaration de grossesse de 5 mois et demi au 30 mars 1785. Nous avons ici la version du père de la jeune fille dont l’objectif est de faire condamner Jean Boullay. En réponse à ce réquisitoire, Me Creveux déclara que le tout est «  fort inadmissible et impertinent ». Jean Boullay refusant de reconnaître sa responsabilité, le juge ordonna une enquête solennelle, procédure prévue lorsque « le père ne voulait rien savoir » et « au cours de laquelle les parties produisaient leurs témoins en contrariété ».[13] A la suite de cette audience, 18 témoins, que nous allons évoquer plus loin, furent convoqués pour être entendus sur les faits énoncés par les demandeurs. Préalablement, Jean Boullay et son avocat assignés à comparaître devant le juge 6 juin ne s’étant pas présentés furent déclarés défaillants.

Le verdict : Jean Boullay condamné.

Les dépositions des témoins ne laissèrent aucun doute au Bailly sur la réalité des relations entre Jean et Marie Jeanne et sur l’auteur de la grossesse. Lors de l’audience du 23 juin 1785, ce dernier condamnait Jean à se charger de l’enfant dont Marie Jeanne Guyot était enceinte selon sa déclaration du 30 mars devant le marquisat de la Galaizière. Il devait l’élever dans la religion catholique apostolique et romaine et le présenter tous les trois mois à sa mère et fournir au procureur fiscal un certificat en bonne forme justifiant de l’existence de l’enfant. Les 40 livres de provision adjugées précédemment étaient confirmées. Jean Boullay devait de surcroît régler 120 livres de dommages et intérêts « résultant du déshonneur occasionné a la fille Guyot pour sa grossesse ». [14]

Nouer des relations sentimentales dans les campagnes percheronnes au XVIIIe siècle.

Nous allons maintenant aborder la deuxième partie de notre étude. Il s’agit de montrer ce que cette affaire judiciaire nous apprend sur la construction des relations amoureuses dans la campagne percheronne à cette époque. Pour ce faire, nous allons nous appuyer sur les témoins entendus par le Bailly de La Loupe.

 Les témoins : « L’œil et la langue du village ». [15]

Pour éclairer la justice, 18 témoins furent convoqués le 8 juin 1785, nous en présentons la liste en annexe. Ils se répartissent en 11 hommes et 7 femmes. Parmi ces dernières, on compte 2 femmes mariées, 4 filles et une veuve. La répartition par statut des hommes est le suivant : 3 laboureurs, 2 domestiques, 2 journaliers, un charpentier, un tisserand, un gouverneur de bestiaux et l’agent d’affaires du couvent d’Arcisses. 11 témoins sont domiciliés à Coulonges-les-Sablons, 3 à Brunelles, 2 à Coudreceau, 1 à Bretoncelles et 1 à Margon. L’âge des 17  témoins est connu, ils sont plutôt jeunes : 4 ont entre 20 et 24 ans, 6 entre 25 et 29 ans, 2 entre 30 et 34 ans, 4 ont 40 est plus. A la question récurrente portant sur les liens que le témoin pourrait entretenir avec les parties (parenté ou domesticité), Mamers Fetu, laboureur à Coulonges-les-Sablons déclare « qu’il cousine avec Jean Guyot sans en connaître le degré de parenté »[16] Rénée Boullay épouse de Jean ? journalier à Margon signale qu’elle est sœur germaine de Jean Boullay. Marie Anne Chardon femme de Denis ? laboureur à Coulonges-les-Sablons sait qu’elle est un peu parente à Marie Jeanne Guyot tout en ignorant le degré.

Seuls 14 témoignages sont utilisables, Renée Boullay déclarant, à la lecture des faits « n’en avoir aucune connaissance » Marie Amiot étant avec son mari lors de leur rencontre avec les deux jeunes gens, confirme les propos de ce dernier. François Aulnay, domestique chez le sieur Naveau à Coulonges-les-Sablons lui se borna à rapporter les dires de Mamert Fetu. Enfin le nommé Vallée, journalier à Bretoncelles ne s’étant pas présenté devant le juge fut noté défaillant et de ce fait condamné à 10 livres d’amende.

Le nombre des témoins convoqués montre, comme l’ont souvent pointé les historiens, que dans les communautés d’Ancien régime tant à la ville qu’à la campagne, on vit sous le regard des autres.  Cela n’était probablement pas sans compliquer la recherche d’intimité des couples en formation. « Si les villageois se passionnent pour les projets de mariage, ils sont aussi extrêmement attentifs aux histoires de séduction. Bien avant d’être appelés à témoigner au cours des enquêtes solennelles, les gens de tout âge et de tous groupes sociaux ont « soupçonné » ont « vu », ont « entendu ». S’étant aperçu des « familiarités », «  privautés », mauvais commerce », « habitudes », ils ont surpris les fautifs, les ont parfois interpellés, les ont mis en garde ou ont prophétisé les évènements à venir. »[18] Ce constat d’Anne Fillon concerne le Maine. En était-il de même dans le Perche ?  Les couples bénéficiaient-ils d’un silence complice tant que la bienséance n’était pas en cause ou quand l’union était acceptée par les familles ? Cependant, lorsque le contrat moral était rompu avec une grossesse hors du mariage et encore plus si la justice était saisie, on constate, comme avec cette affaire, que beaucoup de personnes avaient vu des choses. Les témoignages utilisables nous renseignent sur certains aspects de la vie sentimentale de Jean Boullay et Marie Jeanne Guyot et en cela nos deux jeunes gens ne devaient pas être très différents des villageois et villageoises nouant des relations amoureuses.

A la lecture de ces documents, deux thèmes s’imposent tout d’abord, ils sont dans la logique des témoignages en justice nécessitant ce type de précisions : où et quand. Il est bon de signaler qu’il est possible que certaines dépositions fassent référence aux mêmes situations, les indications données par les témoins ne permettent de trancher formellement. Nos propos n’ayant pas un caractère statistique, l’éventuel biais est moindre.

Les lieux de l’intimité sentimentale.

 Anne Fillon dans les trois bagues aux doigts écrit : « La métairie ou le bordage sont des espaces propices à ce genre d’affaires. [les relations amoureuses] Les lieux écartés, taillis, chaintres, fossés, les champs […] , les prés, les vergers sont souvent évoqués » dans les archives judiciaires qu’elle a étudiées. « Ou bien ce sont les dépendances qui sont citées : la grange, le cellier, l’étable et l’écurie. »[19]

Le couvent : un lieu propice à l’idylle amoureuse.

Il peut sembler étrange que ce lieu de prières soit un endroit favorable à l’intimité des couples est pourtant comme l’indique Anne Fillon à propos des filles accouchant peu de temps après leur mariage : « Elles sont souvent domestiques au Couvent, dans un espace de vie qui n’est surveillé ni par les parents ni par les religieuses retirées dans leur clôture. »[20] De fait, c’est bien là loin des regards de la communauté villageoise que se noue la relation entre Jean et Marie Jeanne. L’endroit, comme la ferme d’ailleurs, renferme plusieurs espaces propices aux rencontres entre les deux jeunes gens.

La cuisine et le grenier.

Il s’agit tout d’abord de la cuisine où officie Marie Jeanne ainsi qu’en témoigne Sébastien Chartrain, garçon moulant du moulin du couvent des Arcisses en rapportant les propos de Jean qui lui « a dit plusieurs fois a luy qu’il avait passé une nuit avec la dite fille Guyot jusqu’à cinq heures du matin dans la cuisine en dehors du couvent des Arcisses. » [21]Ce fait est aussi évoqué par Jean Lochon, gouverneur de bestiaux dans sa déposition. Autre lieu propice, le grenier. Le même Lochon atteste « qu’il a vu environ trois ou quatre fois ledit Jean Boullay et la ditte Marie Jeanne Guyot monter seul et ensemble dans la grenier à foin du couvent des Arcisses sous prétexte d’y porter à boire du lait a un chat qu’ils y restaient une heure. » [22]

Dans les champs.

Les champs sont probablement un des endroits les plus propices. Vincent Lochon signale avoir remarqué Jean accompagner Marie Jeanne lorsqu’elle gardait les vaches du couvent,[23] fait que confirme Catherine Leduc, elle aussi domestique au même endroit. Louise Leroy se souvient avoir vu Marie Jeanne surveiller le bétail dans un des champs, mais cette fois près de la maison familiale « qu’il y avait avec elle un garçon quelle déposante ne connaissait point et quon luy dit être Jean Boullay »[24] D’autres témoignages soulignent des rencontres dans les champs à proximité de chez Jean Guyot, sans signaler d’activités agricoles particulières. S’agit-il de rendez-vous amoureux ? [25] 

Chemins, bois, église, la demeure paternelle.

 Nicolas Gauthier, charpentier de Coulonges-les-Sablons, se rappelle avoir aperçu les deux jeunes gens « assis l’un à costé de l’autre dans un chemin près de la maison de Jean Guyot » [26] ainsi que Mamers Fetu. Jean Guyot a une rencontre fortuite ? sur le trajet de Bretoncelles à Coulonges, il en profite pour raccompagner Marie Jeanne chez elle. Il en fut de même le jour de l’Ascension 1783. C’est dans le bois d’Arcisses en revenant de Brunelles et se rendant à Condé-sur-Huisne que François Boilleau et son épouse croisent Jean et Marie Jeanne « qui sortaient tous deux dudit bois ».[27]

Autre opportunité de rencontre, due au hasard ou programmée, l’église de Coulonges. Marie Anne Chardon se souvient les avoir vu quitter ensemble la première messe de Coulonges-les-Sablons et alla avec eux boire de l’eau de vie, sans préciser le lieu et qu’ensuite ils allèrent déjeuner chez le père de Marie Jeanne.  Marie Jeanne Guillaume se rappelle avoir vu Jean Boullay chez Jean Guyot, notant au passage qu’il était seul. [28]

Les lieux évoqués n’ont rien d’originaux, ce sont ceux utilisés par les couples en formation à la campagne. Plus surprenant, il n’est nullement fait allusion aux fêtes villageoises, feux de la Saint-Jean, bals, veillées.

Le temps de la rencontre et de l’intimité.[29]

 Les témoins, outre la localisation, précisent autant que leur mémoire le leur permet, certains faits remontant à près de trois ans, les moments de l’année ou de la journée favorable à la rencontre des couples et à leur intimité. Anne Fillon constate que « les choses se passent le plus souvent les dimanches et jours de fêtes, et en particulier pendant « office divin ». Ce peut-être pendant la première messe si le reste le la maisonnée va à la grand-messe, et vice-versa ; ou pendant les vêpres. » [30]

Les jours chômés : dimanche et fêtes.

« Les moments choisis par les séducteurs sont exceptionnellement des temps réservés au travail. » [31] Fort logiquement, c’est lorsque les deux jeunes gens n’étaient pas pris par leurs occupations professionnelles ou que ces dernières comme la garde du troupeau laissaient un peu de l’attitude que les rencontres, un peu longues, pouvaient être possibles. Plusieurs témoins signalent le dimanche, c’est ce jour de la semaine que Jean, inactif, rejoint Marie Jeanne gardant les vaches ou la retrouve à la messe paroissiale. Il vient aussi la voir dans la cuisine pendant les vêpres lors de leur séjour au couvent. Viennent ensuite les fêtes religieuses : « le lundy ou le mardy de la pentecoste », le jour de l’Ascension, « vers les festes de Pâsques », la semaine de la St Jean où Jean fait faux bond à Marie Jeanne.

« A la nuit bientôt fermée »

La lumière déclinante est le moment le plus propice pour les rencontres sentimentales. Jean Boullay « arriva un peu tard à la cuisine et y resta seul avec la ditte Guyot » [32] nous dit Vincent Lochon. Nicolas Gauthier signale une entrevue «  vers le soir » Mamers Fetu parle du « soir après le soleil couché ». Marie Amiot à cette expression « à la nuit bientôt fermée » ou « la nuit fermée » pour Germain Pinceloup qui voit Jean et Marie Jeanne assis seuls dans un champ alors que c’est « vers le soleil couchant » pour Marie Hardy et que pour Joseph Maignant, il faisait « presque nuit ». Nous avons aussi quelques indications sur la durée des rencontres. Jean Boullay déclare à Sébastien Chartrain « qu’il avait passé une nuit avec la ditte fille Guyot jusqu’à cinq heures du matin dans la cuisine en dehors du couvent d’Arcisses »[33] Fait qu’il confirme à Vincent Lochon. Bien sûr, on ne peut totalement évacuer la vantardise du garçon. Moment d’intimité conséquent aussi lorsque Jean rejoint Marie Jeanne qui garde les vaches de la grande messe jusqu’à son retour au couvent. Dans sa déposition, Jean Guyot évoque un dimanche où Jean retrouva dans l’après-midi sa fille occupée à la surveillance du troupeau familial et resta avec elle jusqu’à passé le soleil couché.

Si nous ignorons combien duraient les rencontres de la fin de journée, il semble que les jeunes gens avaient au-delà de leurs occupations journalières des possibilités de dégager du temps pour des rendez-vous assez longs.

Jean et Marie Jeanne : nature des relations ?

 On peut déjà constater que nous sommes en présence d’une liaison égalitaire, au moins du point de vue du niveau social, tant par leur origine que par le statut personnel : ils sont tous deux domestiques. Il n’ y a pas dans cette histoire un rapport hiérarchique du type maître ou fils de maître/domestique par exemple forçant la jeune fille à une relation non consentie.

Jean et Marie Jeanne : histoire d’un couple en formation.

A la lecture des témoignages, l’impression qui se dégage est que nous sommes en face de deux jeunes gens qui se connaissent peut-être déjà et qui se trouvant dans des conditions favorables d’intimité au couvent poursuivent ou entament une histoire sentimentale. Nous ne sommes pas en mesure de sonder les cœurs, mais plusieurs faits plaident pour une relation consentie au-delà des statuts sociaux. S’ il est fort probable que Jean soit « l’élément moteur », il s’avère que Marie Jeanne ne fut pas insensible à ses avances, ses promesses.  Elle accepte la nuit de le recevoir dans la cuisine au couvent, monte au grenier avec lui sous prétexte de donner du lait au chat et y reste une heure ce trois ou quatre fois selon Vincent Lochon. Le témoignage le plus probant sur ce point est celui de Catherine Leduc «  étant domestique pour garder les vaches du couvent d’Arcisse Marie Jeanne Guyot était domestique a la cuisine du couvent a priè plusieurs les festes et dimanche de garder les vaches au pasturage ce qui est arrivé deux ou trois fois que la déposante scais pour lavoir vu que Jean Boullay allait la rejoindre la ditte fille Guyot et restait avec elle jusqu a ce quelle se rendit à la communauté … »[34] A la même époque pour Sébastien Chartrain les deux jeunes gens « paraissaient s’entre aimer », impression partagée par Jean Brissard, agent d’affaire du couvent. C’est à ce dernier que Marie Jeanne déclara « quelle a été renvoyée du dit couvent a cause dudit Boullay dans la crainte des evenements qui pourraient survenir de leur familiarité »[35] . Ayant quitté le couvent, Marie Jeanne et Jean  continuent de se fréquenter, plusieurs témoins signalent les avoir rencontrés seuls, le soir dans des lieux à l’écart. Leur complicité est attestée par François Bailleau et son épouse « qui sortaient tous deux dudit bois et paraissent bien fort rire ensemble »[36] Marie Jeanne, elle-même le reconnut quand elle raconta à Marie Jeanne Guillaune plusieurs fois « que Jean Boullay allait la voir et qu’ils avaient beaucoup d’amitié l’un pour l’autre . »[37] Il faut ici prendre le mot amitié comme l’indique Anne Fillon dans le sens d’attachement plus sentimental.[38]

Jean et Marie Jeanne : un exemple de sexualité d’attente.

Si les indications de lieux et de temps sont les plus évidentes, on perçoit en filigrane à travers les témoignages, un autre aspect des relations entre les jeunes gens. C’est que l’on dénomme la sexualité d’attente, à savoir ce qui relève des comportements sexuels sans aller jusqu’à des rapports complets, et ce avant le mariage. En effet, Jean et Marie Jeanne se sont fréquentés pendant plus de deux ans avant que selon Jean Guyot abuse de sa fille. Pendant cette période, la relation, qui à la lecture nous paraît consentie nous y reviendrons, n’a probablement était exempte d’attouchements, de caresses voir « de manipulations avec ou sans effusion de semence».[39] Le père de Marie Jeanne l’évoque à demi-mot lorsqu’il parle « de familiarités ». Il signale aussi, de même que plusieurs témoins, que Jean prenait la main de Marie Jeanne, l’embrassait. Le témoignage le plus explicite provient de Vincent Lochon « luy passant dit au dit Boullay tu as passé la nuit avec la fille Guyot, ce que le dit Boullay nia point et en se mettant à rire il repondit quil scavais bien quelle n’étais pas garçon parce qu’il y avais mis la main. » [40] Certes, il s’agit de paroles rapportées et l’on ne peut évacuer la vantardise du mâle dans cette déclaration faite en riant. Néanmoins, il semble peu probable qu’au cours des rencontres évoquées par les témoins, dans des lieux à l’écart et à des moments de la journée propices à l’intimité des couples leurs relations se soient bornées à la conversation. Si la sexualité d’attente était indispensable aux jeunes gens avant le mariage, elle demandait de leur part une maîtrise certaine. Bien sûr pesaient sur eux les interdits de la morale chrétienne. Jean-Louis Flandrin dans son article « La vie sexuelle des gens mariés dans l’ancienne société :
de la doctrine de l’Église
à la réalité des comportements » [41] s’est penché sur ce sujet. Il écrit « La faiblesse du nombre des conceptions prénuptiales et des naissances illégitimes ne garantit nullement que les célibataires aient été chastes au sens chrétien du mot ; d’autant que les confesseurs de l’époque attirent notre attention sur les pratiques contraceptives hors mariage et sur les plaisirs solitaires des adolescents. » [42]

Nous ignorons les circonstances qui amenèrent Jean et Marie Jeanne à franchir les limites qui provoquèrent cette grossesse.

Une relation sexuelle non consentie ?

Sans tomber dans un anachronisme induit par notre époque, deux hypothèses peuvent être avancées soit Marie Jeanne fut plus au moins consente et céda à l’empressement et aux promesses de Jean soit la contrainte fut beaucoup forte. Quelques éléments peuvent être portés au dossier. Tout d’abord la déposition de père de Marie Jeanne qui emploie le verbe abuser. Quel sens faut-il lui donner, s’agit-il de tromperie, à savoir que Marie Jeanne succomba devant ses assurances de mariage et que confrontée au refus de Jean de l’épouser elle fut abusée, c’est dire trompée ou faut-il y voir une contrainte physique. Marie-Jeanne ne témoigna pas au tribunal et nous n’avons pas sa déclaration de grossesse. Anne Fillon qui a étudié de nombreux cas signale « La violence, au sens strict du terme- le viol-, n’est jamais indiquée comme cause de la grossesse […]. En revanche elles évoquent souvent, avant les années 1760, une demi-violence, jointe à un harcèlement continuel : on a guetté « le moment favorable », on les a « poursuivies », « tourmentées » « obsédées » ». [43] Le sieur Jean Brissard lors de sa déposition rapporte que « la ditte fille Guyot a dit a luy que quand ledit Boullay avait bu il était importun… » [44] Doit-on en déduire que sous l’emprise de l’alcool Jean essayait, éventuellement par la contrainte, d’aller plus loin que les jeux érotiques admis par la jeune fille. Un autre témoignage peut-être cité celui de Mamers Fetu « que le mardy des festes de pentecoste de l’année dernière le soir d’après soleil couché il vie dans un chemin peu éloigné de la maison de jean guyot marie jeanne guyot sa fille a reste seule avec un homme un garcon qui paraissait la presser et tourmenter pour en jouir, mais qu’il ne scait pas si cetait jean boullay parce qu’il ne le connaît pas » [45] Il semble que Mamers Fetu en fut suffisamment interpellé ? Choqué ? pour le rapporter à François Aulnay.[46]

Le devenir de Jean et Marie Jeanne.

 Jean Boullay s’installe à Bretoncelles.

 A partir de 1785, Jean Boullay est un résident de Bretoncelles, domestique à cette époque à Thivaux, peut-être au moulin, comme nous le verrons. Il apparaît dans les actes dans le registre paroissial sous le prénom de Jacques. Nous avons bien entendu pris soin de vérifier que Jean et Jacques étaient la même personne. Cela est confirmé par son acte de baptême dans ce dernier il est bien prénommé Jean, c’est son unique prénom. Les parents qui figurent dans l’acte de baptême sont les mêmes que dans celui de mariage où il a le prénom de Jacques. Deux hypothèses sont possibles pour ce passage d’un prénom de baptême à un prénom d’usage. La première serait de brouiller les pistes et faire oublier son comportement vis-à-vis de Marie Jeanne, peu probable, Coulonges et Bretoncelles sont distants de 4 kilomètres. Plus sûrement, Jacques étant le prénom de son père, on peut penser qu’au décès de celui-ci, dont on ignore la date, mais avant 1792, année de son mariage, Jean a pris celui de son père ? De même on constate que son fils aîné se prénomme aussi Jacques comme son grand-père, et son parrain. Signalons que ce phénomène était fréquent à l’époque, ce qui ne va pas sans compliquer le travail de recherche. En 1792, Jacques, comme il se fait appeler dorénavant, noté garçon laboureur, épouse Françoise Garnier fille de Pierre, bordager et de Marie Seigneur.[47] Cette dernière est âgée de 23 ans [48] et Jacques (Jean) de 33 ans. On constate que Jean a attendu 7 ans avant de convoler après ses déboires judiciaires. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées. Jean (Jacques) n’était peut-être pas très attiré par l’état matrimonial et préférait profiter de sa jeunesse. Autre possibilité, son histoire avec Marie Jeanne ayant sûrement était connue au-delà de son cercle restreint de fréquentation, les jeunes filles et leurs parents étaient peut-être méfiants à son égard. Enfin, l’argent qu’il dut verser à Marie Jeanne et celui nécessaire à l’entretien de l’enfant né de cette union ayant dû compliqué sa situation financière, il fut contraint d’attendre avant de pouvoir s’établir. Toujours est-il que Jean (Jacques) comme avec Marie Jeanne « mit Pâques avant les Rameaux » [49] car son épouse Françoise accoucha d’un garçon nommé Jacques en novembre 1792 soit un peu plus de 3 mois après leur union. [50] A cette époque, le couple habite la Chasseguaise, un hameau bretoncellois. Jean (Jacques) est noté chartier. De son passage à Thivaux, il a gardé des relations avec le monde des meuniers. Comme pour son mariage, on les retrouve : Jacques Langlois, le parrain, est celui du Petit moulin et du Moulin Viel, Marie Louise Aulard, la marraine est l’épouse de Denis Garnier second du nom, tient celui du Moulin neuf.

On retrouve le couple en en l’an XIII (1805), Jean (Jacques), journalier habite toujours Bretoncelles, avec un garçon de plus de 12 ans, probablement Jacques. Il est noté que Jean est arrivé à Bretoncelles venant de Coulonges en 1785,[51] ce qui est cohérent avec les données disponibles.

 Marie Jeanne et son enfant : des destins inconnus.

 Les renseignements concernant le devenir de Marie Jeanne sont beaucoup plus ténus. Elle accouche en juillet 1785 d’un garçon prénommé Jean François « fils naturel », « et dit on de Jean Boulai. » Le parrain est Jean Guyot, la marraine Marie Noëlle Festu, «  père et mère de la dite Guiot ».[52] Nous avons consulté les registres paroissiaux et tables décennales, sauf erreur de notre part, nous n’avons retrouvé aucune trace de Marie Jeanne. Doit-on en déduire que suite à sa déconvenue sentimentale, elle quitta la région ? Nous n’ avons pas plus de renseignements sur le petit Jean-François. Marie Jeanne dont le statut de domestique ne lui octroyait que des moyens d’existence limités était-elle en mesure d’assurer l’entretien de l’enfant ? Ce dernier a-t-il été récupéré par son père après la naissance ? Si oui qu’est devenu cet enfant indésirable ? Son destin a-t-il été celui que décrit Anne Fillon : « Qu’advenait-il, des enfants naturels ? Confiés massivement au père, ils étaient parfois mis en nourrice, mais le plus fréquemment portaient à l’hôpital, contre paiement d’une somme relativement élevée -200 livres en 1785- si le dépôt n’était pas fait clandestinement. »[53]  La possibilité que Jean-François Boullay ait déposé son fils  à l’hospice de Nogent-le-Rotou peut-être envisagée. A-t-il ensuite était placé chez une nourrice dans les environs et connu le même sort que « Rose julie batard de l’hotel-dieu » décédée chez François Brouard, laboureur de Coulonges-les-Sablons où elle était en nourrice à l’âge de 15 jours. [54] La consultation des registres paroissiaux de ce village permet de relever plusieurs cas semblables.

Jean et Marie Jeanne : des objectifs contradictoires ?

Il nous semble que les parties, pour reprendre le terme judiciaire, n’avaient pas les mêmes objectifs. On peut raisonnablement penser que la famille Guyot envisageait sérieusement le mariage de Jean avec leur fille. Rappelons que les témoignages signalent des rencontres dans la maison de Jean Guyot, mais aussi dans les champs à proximité. Il est difficile d’imaginer que les parents de la jeune fille ne soient pas au courant et consentants. Il est ici important de signaler que la mère de Marie Jeanne, Marie Noëlle Festu est vivante au moment des faits ce qui était loin d’être le cas des filles à leur mariage.[55] Nous ne sommes pas dans la situation pointée par Anne Fillon qui note : «  l’absence de surveillance maternelle pour les filles. Ou bien la mère est décédée ou bien la fille vit en dehors du foyer familial. »[56] Si la mère de Marie Jeanne est absente, c’est dans les documents en notre possession. Jean voyait, semble-t-il, les choses autrement et n’était probablement pas décidé à passer devant le curé sans avoir un peu profité de sa jeunesse. Nous avons vu que son mariage interviendra bien plus tard. François Bailleau rencontrant Jean et Marie Jeanne sortant du bois d’Arcisses rapporte qu’ayant demandé si cette dernière « était sa créature[…] Boullay se mit a rire ». [57] Doit-on en déduire que pour Jean cette relation n’avait pour but que de vivre d’agréables moments avec une jeune fille ? 

 On doit à Jean Boullay et bien sûr au hasard de la conservation des archives de connaître cette histoire. En effet, si ce dernier avait épousé Marie Jeanne à l’annonce de sa grossesse, nous aurions été dans la situation banale deux jeunes ruraux qui s’étant fréquentés se seraient mariés, certes un peu rapidement, mais dont on n’aurait rien su hormis le démographe qui aurait repéré la conception prénuptiale. Son refus du mariage a permis de verser au dossier quelques éléments sur cet aspect important de la vie des jeunes gens de cette époque, à savoir les relations sentimentales avant le mariage.

Annexe 1 : Liste des témoins convoqués le 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117 A.D.E.L

Sans titre 2

[1] Jean-Louis Flandrin  Les amours paysannes XVIe-XIXe siècle  Gallimard/Julliard Coll Archives 1975. Edition consultée Coll Folio histoire 1993.

[2] Selon l’intitulé de la plainte.

[3] Abbaye d'Arcisses, abbaye d'hommes, puis de femmes, ordre de St Benoît, créée en 1225. Le manoir fut donné aux religieux de Thiron par le Comte Rotrou III. En 1225, Guillaume, Comte du Perche et Evêque de Châlons, en obtint la rétrocession de la part des religieux et y érigea une abbaye, Notre-Dame-du-val-d'Arcisses, qui suivait la règle de l'abbaye de Thiron. Au début du XVIIème siècle, lors de la réforme de l'abbaye de Thiron, on changea la destination de l'abbaye d'Arcisses en y établissant des religieuses bénédictines en place des moines qui l'habitaient depuis quatre siècles. L'abbaye d'Arcisses fut détruite à la révolution. Sources : Antiquités et Chroniques Percheronnes. L. Joseph Fret, 1840. P 424 à 428. www.books.google.com

[4] Jean Boullay est né le 18/3/1759 à Coulonges-les-Sablons. Registres paroissiaux de B.M.S de Coulonges-les-Sablons   B.M.S 1767-1780 3NUMECRP125/EDPT378_12_1 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[5] Le père de Marie Jeanne déclare un âge de 23 en 1783 lors du dépôt de la plainte le 18/5/1785 soit 20 an à son embauche en 1782. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117 A.D.E.L

[6] Justice seigneuriale de La Loupe B 3117 A.D.E.L

[7] Anne Fillon.  Les trois bagues aux doigts. Amours villageois au XVIII e siècle. Robert Laffont Collection Les hommes et l’histoire. Paris 1989 p 302

[8] Fabrice Mauclair  La Justice au village. Justice seigneuriale et société rurale dans de duché-pairie de La Vallière  (1667-1790). p 20 Presses universitaires de Rennes 2008. p 189

[9] Ibid., p 191

[10] Ibid., p 193

[11] Ibid., p 193

[12] Audience du 4 juin 1785 Justice seigneuriale de La Loupe B 3131  A.D.E.L

[13] Anne Fillon. Op.Cit., p 302

[14] Audience du 23 juin 1785 Justice seigneuriale de La Loupe B 3131  A.D.E.L

[15] Nous reprenons cette expression d’Anne Fillon.  p 298

[16] Déposition de Mamers Fetu, intérrogatoire du 8 juin 1785 Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[18]  Anne Fillon Op.cit ., p 298

[19] Idib., p 290

[20] Anne Fillon  Louis Simon Villageois de l’ancienne France.  Editions Ouest-France Rennes 1990 p 187-188

[21] Déposition de Sébastien Chartrain, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[22] Déposition de Vincent Lochon, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[23] Ibid.,

[24] Déposition de Louise Leroy, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[25] Déposition de Nicolas Gauthier, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[26] Déposition de Germain Pinceloup, Marie Hardy, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[27] Déposition de François Bailleau et Marie Amiot son épouse, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[28] Déposition d’Anne Chardon et Marie Jeanne Guillaume, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[29] Pour ne pas alourdir l’appareil de notes, nous n’avons pas référencé toutes les expressions citées. Elles renvoient à l’interrogatoire des personnes citées comme auteurs lors des interrogatoires du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[30] Anne Fillon op.cit., p 292

[31] Idib.; p 291

[32] Op.cit.,

[33] Op.cit.,

[34] Déposition de Catherine Leduc, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[35] Déposition de Jean Brissard, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[36] Déposition de François Bailleau, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[37] Déposition de Marie Jeanne Guillaume, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[38] « Pour exprimer un sentiment aussi puissant, Louis Simon abandonne parfois le mot d’ « amitié », qui désignait dans la langue des notaires et des curés l’attachement des époux l’un pour l’autre. » Anne Fillon  Louis Simon Villageois de l’ancienne France.  Editions Ouest-France Rennes 1990 p 186

[39] Expression relevée dans les rapports de police étudiés par Myriam Deniel-Ternant : « Ecclésiastiques en débauche (1700-1790) » Champ Vallon Collection Epoques Clamecy 2017 p 283 et suivantes.

[40] Déposition de Vincent Lochon, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[41] Flandrin Jean-Louis. La vie sexuelle des gens mariés dans l'ancienne société. In: Communications, 35, 1982. Sexualités occidentales. Contribution à l'histoire et à la sociologie de la sexualité. pp. 102-115; doi : https://doi.org/10.3406/comm.1982.1526https://www.persee.fr/doc/comm_05888018_1982_num_35_1_1526

[42] Op.cit., p 109

[43] Anne Fillon op.cit., p 292

[44] Déposition de Jean Brissard, interrogatoire du 8 juin 1785. Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[45] Déposition de Mamers Fetu, intérrogatoire du 8 juin 1785 Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[46] Déposition de Mamers Fetu, intérrogatoire du 8 juin 1785 Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L

[47] 28/06/1792 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.MS1788-1792 3NUMECRP61/EDPT493_43-2  A.D ORNE http://archives.orne.fr

[48] 16/8/1768 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.M.S 1768-1769 3NUMECRP61/EDPT493_40_3 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[49] Expression citée par Anne Fillon. Op.cit., p 187

[50] 22/1/1792 Registres paroissiaux de Bretoncelles B.MS 1788-1792 3NUMECRP61/EDPT493_43_2  A.D ORNE http://archives.orne.fr

[51] Recensement An 13 Bretoncelles 1er germinal an XIII  (22 mars 1805)  3 NUMLN61/M1458-01 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[52] 11/07/1785 22/1/1792 Registres paroissiaux de Coulonges-les-Sablons B.MS 1784-1790 3NUMECRP 125/EDPT 378_13  A.D ORNE http://archives.orne.fr

[53] Anne Fillon. Op.cit., p 304

[54] 9/1/1784 Registres paroissiaux de B.M.S de Coulonges-les-Sablons B.M.S 1784-1790 3NUMECRP125/EDPT378_13_1 A.D ORNE http://archives.orne.fr

[55] 34,6 % des 238 jeunes filles  se mariant pour la première fois à Bretoncelles entre 1740 et 1792 étaient orphelines de mère. Voir « Le mariage : cérémonie, veuvage, remariage et célibat. » dans ce blog.

[56] Anne Fillon. Op.cit., p 225

[57] Déposition de Mamers Fetu, intérrogatoire du 8 juin 1785 Justice seigneuriale de La Loupe B 3117  A.D.E.L